ACTE II, SCÈNE VL
ÇIDALISE.
J'apprends toqs les- jours des choses nouvelles de ma chère tante. Marthon, Cénhise n'a pas manqué de parler de moi chez la mère de ma cousine dans ses termes ordinaires.
MABTHON.
Sans mentir, voilà an méchant esprit.
Ne lai en témoignez rien , je vous prie.
N'ayez aucune peur. Mais, que dit-elle de moi à votre mère ?
Oh ! ma cousine , je n'oserois vous le dire.
MARTHON.
Allez, allez, ne craignez rien; nous sommes accoutumées à sou langage , car je crois qu'elle ne m'épargne pas plus que les autres.
Ah! vraiment non; elle commence toujours par vous.
MA^THOK.
Eh bien?
Eh bien ! elle dit que vous êtes la plus méchante fille du monde ; que c'est vous qui entraînez ma cousine dans le libertinage où elle vit; que c'est
ûoG LA COQUETTE ET LA FAUSSE PftUDE.
vous qui l'empêchez de se remarier, parceque tous ses amants vous font des présents ; que vous avez intérêt de faire durer ce manège autant de temps que vous le pourrez, puisqu'un mariage feroit bientôt cesser ce commerce. Que sais-je, moi? je n'aurois jamais fait, si je vous disois tout ce qu'elle dit.
MARTHOlf.
Par ma foi, madame, avec tout le respect que je vous dois, voilà une impudente ca rogne! cidalise.
Ne vous contraignez point , Marthon ; je vous avoue de tout. Et de moi, ma cousine, que dit-elle ?
Mais elle dit que vous ne la voulez point croire ; que vous ne faites rien qu'à votre tête ; qu'elle s'est bannie de chez vous, parceque vous vous moquiez de ses corrections; que cependant elle avoit pour vous toutes sortes de complaisances ;, que vous la traîniez dans tous les plaisirs, qu'elle prenoit comme autant de mortifications.
MARTHON.
La scélérate !
Après , ma cousine ?
lccile.
Mais après , elle dit que vous donnerez la mort