SCÈNE I
PASQUIN, MÀRTHON.
PASQCIN.
Ah , malheureuse I
MÀRTHON.
Qu'y a-t-il ! Tu es éternellement comme um possédé.
Tu m'as , vraiment, bien accommodé.
MARTHON.
Pourquoi faisois-tu tant de bruit?
Quel bruit?
MARTHON.
Je suis fâchée...
De quoi?
MARTHON.
D'avoir été obligée de te battre , pour te faire taire.
Ah! ce n'est point cela dont il est question : les malheurs que l'on craint font perdre le souvenir de ceux qui sont passés.
MARTHON.
Parle plus intelligiblement.
Eh bien ! Marthon, je te pardonne les vieux soufflets, si tu peux m'empécher d'en avoir de tout neufs. Gela est-il clair?
MABTHON.
Pourquoi des soufflets ?
Mon maître, plus fou, plus enragé, et pourtant plus amoureux que jamais, m'envoie ici pour redemander son portrait, cette bague, enfin toutes ces choses que tu as eu tant de peine à me rendre ce matin.
MARTHON.
Eh bien, que feras-tu?
PASQUI5.
Je ne sais.
MARTHON.
Comment donc! tu ne sais?
PÀSQUIN.
Non, ma foi. Mon' ame est suspendue entre le
i3o LA COQUETTE ET LÀ FAUSSE PRUDE, désir de garder les bijou*, et la crainte d'avoir des coups de bâton.
MABTHOH.
Poltron ! tu peux balancer là-dessus ?
PASQUIH.
Oui, vraiment.
MARTHON.
Des coups de bâton d'un côte, des bijoux de l'autre ; et l'on ne prend pas d'abord son parti? pasquiu.
Mais, Marthon, tu ne comprends pas bien la cbose.
MARTHON.
Misérable !
PASQUIH.
Ce n'est pas comme/ cela , te dis-je.
MARTHO*.
Va, tu ne mérites pas de vivre.
PASQUIH.
Que tu es étrange ! Mais , Marthon , écoute donc , mon enfant, on ne me donne point à choisir. Pour avoir les bijoux, il faut recevoir les coups de bâton.
M4BTI09.
Eh bien! quand ce» seroit?
PASQUIH.
Mais il ne faut point dire auand cela seroit; car cela sera.