ACTE I, SCÈNE X
intérêt. Je n'aurois qu'à me taire, vraiment, sur cent questions que Ton me fait : « Mou pauvre «Pasquin, me dit Tune, tiens voilà une bague; «je te prie, apprends-moi ce que fait ton maître. •A quelle heure est -il revenu? Gomment est -il «quand il ne me voit pas? Songe-t-il à moi? Te «parle-t-il de moi? Est-il inquiet , joyeux , triste, «gai, mélancolique, content, taciturne, éva- «poré, chagrin, plaisant, sage, fou?...» Que diable sais-je? et cent mille autres de semblable nature.
MONCADE
Eh bien! que réponds-tu pour lors?
Selon la bague.
MONCADE
Ah ! je savois bien que chez toi mon honneur et le tien marchoient bien loin après ton intérêt... Changeons de discours. Sais-tu bien une chose?
Qu'est-ce?
MONCADE
Je crois que je suis amoureux.
Quoi ! amoureux? là, ce qu'on appelle amoureux de bonne foi?
i* L'HOMlMtE A BONNE FORTUNE.
MOHOADE.
Oui, te dis-je, amoureux.
PABQtfïN.
Mais, par!ez*vous là sérieusement?
MOSCADE.
Veux-tu que je me donne au diable pour ta le1 faire croire?
PA9QVIH.
EtLucinde?
MOltCADE.
Oh ! Lucinde , Lueinde ! elle n'en saura rien.
PASQtTIS;
Tant mieux pour vous Mais, dites -moi,
combien cela durera-t-il?
moncade.
Tu m'en demandes trop ; comme si Ton poutoit répondre de cela ! -
PA8QUIH.
La counois-je?
MONCADE
Tu la connois.
PASQUIR.
Il faut que vous l'aimiez depuis fort peu , car je ne vous en ai jamais ouï parler.
MONCADE
À peu près.