SCÈNE VIL ARAMINTE, MARTHON
ARAMIBTE.
Ta maîtresse vient, dis-tu?
MARTHON.
Je l'entends.
ARAMINTE, à part.
Je prétends tout-à-I'heure me venger de la perfidie de Moncade.
(Marthon sort.)
LUCINDE
Vous me paroissez assez bien instruite, madame : et la manière dont tous parlez de lui commencerait à me déplaire , si vous continuiez à me cacher les raisons qui vous y obligent.
Eh bien ! madame , apprenez , à votre honte et à la mienne, que Moncade nous trompoit toutes deux, qu'il est le plus scélérat des hommes, et qu'enfin , désabusée par ses perfidies , j'ai cru que je devois vous tirer de Terreur où vous êtes.
LUCINDE
Vous m'obligez beaucoup, madame, quoiqu'un peu tard; et vous souffrirez, sans vous fâcher, s'il vous plaît, que je vous dise que vous vous consoleriez aisément de mon erreur, si vous étiez encore dans la vôtre.
Moncade m'a fait croire aisément tout ce qu'il a voulu , madame , et ce sont des éclaircissements qu'entre lui, vous, et moi...
lucinde, Vin terrompant.
Ah, madame! de pareils éclaircissements entre trois personnes sont ordinairement fâcheux. Évitons-les, et me donnez sans eux, je vous prie , toutes les marques que vous pourrez de son infidélité.