‹ Répertoire du théâtre français (volume 2)Chapitre 264 sur 514 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

CHRÊMES, SIMON.

CHRÊMES.

Mon amitié, Simon, et solide et sincère, En a fait beaucoup plus qu'il n'étoit nécessaire. Pour le bien de ma fille, enfin , grâces aux dieux, Le hasard assez tôt m'a fait ouvrir les yeux. Ne me parlez donc plus d'hymen de votre vie.

SIMON

Je ne cesserai point. Chrêmes , je vous supplie De conclure au plus tôt; vous me l'avez promis.

CHftéMès.

En vérité, monsieur, cela n'est pas permis. A l'injuste désir, au soin qui vous possède, Aveuglément soumis, il faudra que je cède? Sous les dehors trompeurs d'une vaine amitié , Vous viendrez m'égorger, sans égards, sans pitié? Allez, pensez-y mieux. L'amitié qui nous lie De moi n'exige point une telle folie.

Eh! comment donc?

4>6 I/ANDR1EKNE.

CHREMES.

Cela se peut-il demander?

A vos empressements obligé de céder, Je prenois pour mon gendre ( oh ! le beau mariage ! ) Un homme que l'on sait qu'un autre amour engage, Et j'exposois ma fille à toutes les douleurs, Aux troubles, au divorce, à mille autres malheurs; Et voulant retirer votre fils de l'abyme, Ma fille en devenoit l'innocente victime. A la chose, en un mot , je n'ai point résisté Tant que j'ai cru la voir par un certain coté. Je vous ai tout promis quand elle étoit faisable ; Mais enfin , aujourd'hui qu'elle est impraticable, Ne perdez plus le temps en propos superflus. Cest trop; épargnez- vous la honte d'un refus. Cette femme, bien plus, est, dit-on, citoyenne.

SIMON

Est-ce là, dites-moi, ce qui vous met en peine? Quoi ! vous arrêtez-vous à de pareils discours ? De ces sortes de gens voilà tous les détours. Elles ont inventé cette fourbe, et bien d'autres, Pour rompre absolument mes desseins et les vôtres; Si Philumène étoit liée avec mon fils, Tous ces contes en l'air seroîent bientôt finis.

CHREMES.

Il a, vous le savez, épousé Glicérie?

SIMON

Ah! ne le croyez pas, monsieur, je vous en prie.

CHREMES.

Mais j'ai vu le contrat.

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