‹ Répertoire du théâtre français (volume 2)Chapitre 384 sur 514 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

MARINE

J'ai bien affaire de toi! Adieu.

FRONTIN

Arrête , inhumaine ! arrête un moment, ou tu Tas voir expirer à tes pieds l'amoureux, le triste, le désespéré Frontin !

MARINE

Oh! çà, m'aimes-tu autant que tu le dis?

FRONTIN

Oui , la peste m'étouffe !

MARINE

Veux-tu m' épouser?

FRONTIN

Oui , ou le diable m'emporte !

MARINE

Tiens, il n'y a qu'un mot qui serre; touche là. Je t'aime aussi : j'enrage de te l'avoir dit ; mais c'est une affaire faite , à condition que tu renonceras aux fourberies, et que tu songeras à embrasser quelque profession.

Mon enfant , je n'ai reçu du ciel que l'industrie en partage ; chacun est obligé, en conscience, de faire valoir ses talents : je n'ai point d'autre profession.

MARISE.

Appelles-tu cela profession?

ifa LE MUET.

FBOSTI5.

Oui , Marine ; et je soutiens qu'il n'en est pas aujourd'hui de plus en usage.

NARBE.

Tu as perdu l'esprit.

FROWTIJr.

Nullement ; j'ai même fait dessein, quand nous serons mariés , que nous montrions aux autres.

Page 1