ACTE III, SCÈNE III
toutes mes actions n'ont pu se faire entendre? léoror. Je n'ai remarqué en vous que ce que vous prodiguez aisément à tout le monde.
MONGADE.
Ah! madame, si je n'ai conservé que des airs honnêtes pour les autres , bien différents toutefois de ceux que j'ai pour vous, vous devez m'en tenir compte ; je ne l'ai fait que pour mieux cacher mon amour.
LÉON or.
Ah ! Moncade, songez-vous bien à ce que vous me dites ?
MONCADE
Oui, madame, j'y ai songé. Je sais tout ce que je hasarde : je sais que je perds Lucinde pour jamais, si vous abusez du sincère «veu que je vous fais ; mais je sais que je ne pouvois plus vivre et vous cacher ma tendresse.
LÉONOR
Je vous vois de trop près pour croire vos dis* cours sincères.
MONCIDR.
Eh ! que tous disent-ils, madame, qui ne doive vous assurer de la plus forte passion qu'on ait jamais senùe?
LÉOHOV.
Ne jurez-vous pas tous les jours àLucinde la même chose?