SCÈNE IL TIMASTE, FRONTIN
TIMAHTB.
Ah ! malheureux ! fallait-il avoir recours à cet expédient ? T5i j'avois été ici , je t'en aurois bien empêché.
FBOHTIS.
Oh ! monsieur, il n'y en avoit point d'autre à prendre pour yous empêcher d'être déshérité.
TI MARTE
Donner ce déplaisir à mon père !
FROSTIÎI.
Monsieur, aux maux violents il faut des remèdes de même.
LE MUET. a53
TIMANTE
Quelque rigueur que mon père exerce contre moi, je ne puis approuver qu'on lui ait cause ce chagrin, et je ne voudrois point, pour toutes choses au monde , qu'il pût croire que j'ai consenti à cette fourberie : s'il vient à savoir que tu en sois Fauteur, je tremble pour toi.
fbontiw.
Allez , monsieur, il n'a garde de m'en soupçonner.
TIMANTE
Tu te tromperas dans ton calcul.
FRONTIN
Bon ! je suis à présent de son conseil secret.
TIMANTE
Quelques précautions que Ton prenne pour soutenir un mensonge, la vérité se fait sentir, malgré qu'on en ait, et les fourberies les mieux concertées se démentent toujours par quelque endroit où Ton n'a pas pensé.
FHOHTIN.
J'ai pourvu à tout.
TIMANTE
Cependant je ne vois pas que ce que tu fais avance fort mes affaires auprès de la comtesse ?
FRONTIN
Vos affaires ! puis-je mieux les avancer ? et la
a$4 LE MUET.
comtesse étoit-elle assez riche pour épouser on
homme déshérité?
TIMiBTE.
Mais enfin comment obliger mon père à consentir à mon bonheur?
FHOSTIH.
Laissez seulement achever l'affaire du cheva-r lier, nous trouverons après quelque invention pour la TÔtre.
TIMAHTE.
Je ne veux point, an moins, me servir d'un mensonge. •
FfcOHTIK.
Et comment faire autrement? Un menteur est aussi nécessaire dans les mariages qu'un notaire. Y dit-on jamais, de part et d'autre, la vérité, et n'y fait-on pas au plus fin? Mais nous n'en sommes pas encore là. Rentrez chez la comtesse : je vais attendre ici que le capitaine en sorte pour l'avertir de tout. Mais voici nos maudits vieillards qui m'en empéchept.
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