ACTE IV, SCÈNE XIV. t
une fois en m vie, je veux savoir ce que c'est qu'une bonne fortune. Je sais déjà foire des mises ; pour le jargon , j'y suis grec : je n'ai donc qu'à m'babiJler an plus* vite, (/f prend dans une armoire des habits de Moneade, tout ce qui lui en nécessaire pour s'habiller en petit-maître , et il s'habille, mais difficilement, pareeque les habits de Moncade lui sont trop étroits. ) Oh! çà, prenons donc ce divin justaucorps. Non , commençons par la riugrave. La peste , qu'elle est étroite! Eh! faut-il tant de façons? un coup de ciseaux , trois ou quatre points d'aiguille ne sont pas une affaire. Allons donc, mes hanches, abaissez-vous. Elles n'en feront rien. Qu'importe? je dirai qu'on les porte comme cela. Vous verrez que j'amènerai la mode des hanches hautes. J'ai bien vu autrefois à la cour la mode des grosses épaules et des coudes en arrière. Voici un justaucorps qui ne me paroît pas trop facile à mettre. Ces maudits tailleurs font les boutonnières si éloigpées des boutons! J'y crèverai.Que ne faiton point pour aller en bonne fortune ? Quel chapeau ! Ne voilà-t-il pas un homme bien bâti? La tête grosse , le ventre menu , les hanches basses. Morbleu, je veux faire oublier que Moncade est au monde. Têtebleu ! J'oubliois moi - même le meilleur, de l'eau de fleur d'orange 1 Peut-on al-
ia6 L'HOMME A BONNE FORTUNE.
1er en bonne fortune sans eau de fleur d'orange ? (// prend sur la toilette un flacon d'eau de fleur v d'orange, et il s'en parfume. ) Voilà qui est bien. J'ai, ce me semble, tout l'attirail de bonne fortune. Dieu nous garde de mal-ehcombre !