‹ Répertoire du théâtre français (volume 3)Chapitre 103 sur 520 · ACTE SCÈNE II. i · texte numérisé non relu

ACTE SCÈNE II. i

Taatre); pense^-vons, dis-je, ()ue tous en soyez pins habile homme, que tout vous soit permis, et qu'on n ose vous dire vos vérités ? Apprenez de moi , qui suis votre yalet, que le ciel punit tôt ou tard les impies, qu'une méchante vie amène une méchante mort, et que...

^ D. JUAN

Paix!

De quoi est-il question ?

D. JUAN

Il est question de te dire qu'une beauté me tient au cœur, et qu'entraîné par ses appas je F ai suivie jusqu'en cette ville.

SGANARELLE

Et ne craii^ne^-vous rien , monsieur, de la mort de ce commandeur que vous tuâtes il y a six mois.

D. JUAN

Et pourquoi craindre ? Ne Tai-je pas bien tué ?

SGANARELLE

Fort bien, le mieux du monde; et il auroit tort de se plaindre. .'

n. JUAN.

J'ai eu ma (vrace de éette affaire.

SGANARELLE

Oui : mais cette (^race n'éteint pas peut-être le ressentiment des parents et des amis; et...

f66 LE FESTlSr DE PIERRE.

D. JUAH.

Ah! n'allons point son(];er au mal qui nous peut arriver, et songeons seulement à ce qui peut donner du plaisir. La personne dont je te parle est une jeune fiancée, la plus agréable du monde, qui a été conduite ici par celui même qu'elle y vient épouser; et le hasard me fit voir ce couple d'amants trois ou quatre jours avant leur voyage. Jamais je n'ai vu deux personnes être si contents l'un de l'autre, et faire éclater plus d'amour. La tendresse visible de leurs mutuelles ardeurs me donna de l'émotion ; j'en fus frappé ait coeur, et mon amour commença par la jalousie. Oui , je ne pus souffrir d'abord de les voir si bien ensemble; le dépit alluma mes désirs, et je me figurai un plaisir çxtréme à pouvoir troubler leur intelligence , et rompre cet attachement dont la délicatesse de mon cœur se tenoic offensée. Mais jusqu'ici tous mes efforts ont été inutiles, et j'ai recours au dernier remède. Cet époux prétendu doit aujourd'hui régaler sa maîtresse d'une promenade sur mer. Sans t'en avoir ri^n dit , toutes choses sont préparées pour satisfaire mon amour, et j'ai une petite barque et des ^ns avec quoi fort facilement je prétends enlever la belle.

86ANARELLE.

Ah ! monsieur. . .

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