ACTE II, SCÈNE
PIERROT
Tëtiguienne ! parcequ ous êtes monsicu , vous viendrez caresser nos femmes à notre barbe? Allez-v*s-en caresser les vôtres.
D. JUAN
Hë!
PIERROT
Hé ! ( Don Juan lui donne un soufflet. ) Tétigué ! ne me frappez pas. ( Autre soufflet. ) Oli ! jernigrué! {^ Autre soufflet.) Ventregué! {Autiv soufflet. ) Palsan();uié ! morgnienne ! ça n'est pas bian de battre les gens, et ce n*est pas là la récompense de v*8 avoir sauvé d*étre nayé.
Piarrot, qe te fâche point.
PIERROT
Je me veux fâcher; et t*e8 une vilaine , toi , d'endurer qa*on te cajole.
CHARLOTTE
Oh! Piarrot, ce n* est pas ce que tu penses. Ce monsieu veut m'épouser, et tu ne dois pas te bouter en colère.
PIERROT
Quementl jemi! tu m*es promise.
CHARLOTTE
. .Ça n'y fait rian , Piarrot. Si tu m'aimes , ne doistu pas être bian aise que je devienne madame?
i^a LE FESTIN DE PIERRE.
PIERROT
Jemigué ! non. J'aime mieux te voir crevée que de te voir à un autre.
CHARLOTTE
Va, va, Piarrot, ne te mets point en peine. Si je sis madame , je te ferai (magner queuque chose , et tu apporteras du beurre et du fromage cheux nous.
PIERROT
Ventreguienne! je gni en porteraij amais, quand tu m'en paierois deux fouas autant. Est-ce donc comme ça que t'écoutes ce qu'il te dit! Morguienne ! si j'avois su ça tantôt , je me serois bian gardé de le tirer de gliau , et je gli aurois baillé un bon coup d'aviron sur la tête.
D. JUAN, s approchant de Pierrot pour le frapper. Qu'est-ce que vous dites?
PIERROT, se mettant derrière Charlotte.
Jerniguienne ! je ne crains parsonne.
D. JUAN, passant du côté oii est Pierrot. Attendez-moi un peu.
PIERROT, repassant de l'autre côté.
Je me moque de tout, moi.
D. 3 V kv ^ courant après Pierrot.
Voyons cela.
PIERROT, se sauvant encore derrière Charlotte. J'en avons bian vu d'autres.