‹ Répertoire du théâtre français (volume 3)Chapitre 179 sur 520 · LUCINDE, LISETTE · texte numérisé non relu

LUCINDE, LISETTE

LISETTE

On dit bi,en vrai, qu'il n'y a point de piret^ sourds qpie ceux qui ne veulent pas entendre.

LVCINDE.

Hé bien, Lisette, j'avois tort de ca,cher mon déplaisir, et je n'avois qu'à parler pour avoir tout ce que je souhaitois de mon père ! Tu le vois.

LISETTE

Par ma foi, voUà un vilain homme ; et je vous avoue que j'aurois un plaisir extrême à lui jotter quelque taur. Mais d'où vient donc, madame, que jusqu'ici vous m'avez caché votre mal ?

LUCiBfiE.

Hélas ! de quoi m'auroit servi de te le découvrir plijLS tôt ? et n aurois-je pas autant gagné à le te-

nir caché toute ma vie ? Crois-tu que je n'aie pas bien prdvu tout ce que tu vois maintetiant, que je ne susse pas à fond tous les sentiments de mon père , et que le refus qu*il a fait porter à celui qui m'a demandée par un ami n ait pas étouffé dans mon ame toute sorte d'espoir?

LISETTE

Quoi ! c'est cet inconnu qui vous a fait demander, pour qui vous...

LUGINDE.

Peut-être n'est-il pas honnête à une fille de s'expliquer si librement ; mais enfin je t'avoue que , s'il m'étoit permis de vouloir quelque chose, ce seroit lui que je voudrois. Nous n'avons eu ensemble aucune conversation, et sa bouche ne m'a point déclaré la passion qu'il a pour moi ; mais, dans tous les lieux où il m'a pu voir, ses re(];ards et ses actions m'ont toujours parlé si tendrement , et la demande qu'il a fait faire de moi m'a paru d'un si honnête homme , que mon cœur n'a pu s'empêcher d'être sensible à ses al^eurs : et cependant tu vois où la dureté de mon père réduit toute^cette tendresse. '

LISETTE

^llcz, laissez-moi faire. Quelque sujet que j'aie

■ de me plaindre de vous du secret que vous m'avez

fait , je ne veux pas laisser de servir votre amour ;

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