ACTE II, SCÈNE III
bourg Saint-Jacques; du faubour(v Saint-Jacques, à la porte de Ricbelieu ; de la porte de Hichelien, ici'; d*ici, je dois aller encore à la Place Hoyale.
M. DESFON ANDRÈS.
Mon cheyal a fait tout cela aujourd'hui; et de plus , j'ai été à Ruel voir un malade.
M. TOMES
Mais , à propos , quel parti prenez-vous dans la querelle des deux médecins Théophraste et Artémius ? car c'est une affaire qui partage tout notre corps.
M. DESFONANDRÈS.
Moi , je suis pour Artémius.
M. TOMES
Et moi aussi. Ce n'est pas que son avis, comme on a vu , n'ait tué le malade , et que celui de Théo« phràste ne fut beaucoup meilleur assurément ; mais enfin il a tort dans les circonstances , et il ne devoit pas être d'un autre avis que son ancien. Qu'en dites-vous ?
M. i)ESF0llANDBè8. '
Sans doute : il faut toujours garder des formalités , quoi qu'il puisse arriver.
Bf. TOMES.
Pour moi, j'y suis sévère en diable, à moins que ce ne soit entre amis; et l'on nous assem-
bia un jour, trois de nous autres , avec un médecin de dehors , pour une consultation , où j'arré^ tai toute l'affaire, et ne voulus point endurer qu'on opinât, si les choses n'alloient dans l'ordre. Les (jens de la maison faisoient ce qu'ils pouvoient, et la maladie pressoit; mais je n'en voulus point démordre , et la malade mourut bravement pendant cette contestation.
M. DESFONANDRÈS,
C'est fort bien ' fait d'apprendre aux gens à vivre , et de leur montrer leur béjaune.
M. TOMES
Un homme mort n*est qu'un homme mort, et ne fait point de conséquence ; mais une formalité négligée porte un notable préjudice à tout Le corps des médecins.