‹ Répertoire du théâtre français (volume 3)Chapitre 21 sur 520 · LA PRINCESSE, AGLANTE, CYNTHEE, PHILIS · texte numérisé non relu

LA PRINCESSE, AGLANTE, CYNTHEE, PHILIS

LA PAINCBSSE.

Oui, j*aii»e à demeurer dans ces paisibles lieux : On n y découvre rien qui n'enchante les yeux , Et de tous nos palais la savante structure Cède aux sinkples beautés qu'y forme la nature. Ces arbres, ces rochers, cette eau, ces gazons frais , Ont pour moi des appas à ne lasser jomais.

A6LA19TE

Je chéris, comme vous, ces retraites tranquilles Où Ton se vient sauver de l'embarras des villes : De mille objets charmants ces lieux sont embellis ; Et ce qui doit surprendre est qu'aux portes d'Élis La douce passion de fuir ht multitude Rencontre une si belle et vaste solitude. Mais, à vous dire vrai , dans ces jours éclatants, Vos retraites ici me semblent hors de temps ; Et c'est fort mal traiter l'appareil ma^ifique Que chafque prince a fait pour la fête publique. Ce spectacle pompeux de la course des chars Devroit bien mériter l'honneur de vos regard».

Ile.! madame, il est de certaines foiblesses qui ne sont point honteuses, et qu il est beau même d'avoir dans les plus hauts de(]^rés de gloire. Xespère que vous changerez un jour de pensée; et, s'il plaît au ciel , nous verrons votre cœur, avant qu'il soit peu...

Arrêtez, n'achevez pas ce souhait étrange : j'ai une horreur trop invincible pour ces sortes d'abaissements ; et, si jamais j'étois capable d'y descendre, je serois personne, sans doute, à ne me le point pardonner.

AGLAHTE.

Prenez garde , madame : l'Amour sait se venger des mépris que l'on fait de lui ; et peut-être...

Non , non : je brave tous ses traits ; et le grand pouvoir qu'on lui donne n'est rien qu'une chimère et qu'une excuse des foibles cœurs, qui le font invincible pour autoriser leur foiblesse.

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