‹ Répertoire du théâtre français (volume 3)Chapitre 245 sur 520 · ACTE IV, àC£N£ III · texte numérisé non relu

ACTE IV, àC£N£ III

Je \'ous trouve plaisant d'user d'un tel empire , Et de me dire au nez ce que tous m'osez dire.. |

ALCESTE

Non , non, sans s'emporter, prenez un peu souci De me justifier les termes que voici.

CELIMENE- *

Non, je n'en veux rien faire; et, dans cette occurreace*, Tout ce que vous croirez m'est de peu d'importaace,

ALCESTE

De gfrace , montrez-moi , je serai satisfait , Qu'on peut pour une femme expliquer ce billet.

CÉLIMÈNB.

Non : il est pour Oronte, et je veux qu'on le croie. Je reçois tous ses soins avec beaucoup de joie. J'admire ce qu'il dit, j'estime ce qu'il est, £t je tombe d'accord de tout ce qu'il vous plaît. \ Faites, prenez parti , que rien ne vous arrête, ^

Et ne me rompez pas davantage la tête.

ALCESTE) à ;xire.

Ciel ! rien de phts cruel peut-il êtte inventé? Et jamais coeur fut-il de la sorte traité ? Quoi ! d'un juste courroux je suis ému contre elle, | C'estmoiqui me viens plaindre ; et c'eçt moi qu'on querelle ! On pousse ma douleur et mes soupçoqs à bout ; On me laisse tout croire : on fait gloire de tout : Et cependant mon coeur est encore assez lâche Pour ne pouvoir briser h chaîne qui l'attache, Et pour ne pas s'armer d'un généreux mépris Contre l'ingrat objet dont il est trop épris !

( à Célimene. ) Ah ! que vous savez bien ici, contre moi-même, Perfide, vous servir de ma foiblesse extrême, Et ménager pour vous l'excès prodigieux De ce fatal amour né de vos traîtres yeux ! Défendez-vous au moins d'un crime qui m'accable, Et cessez d'affecter d'être envers moi coupable. Rendez-moi , s'il se peut, ce billet innocent ; A vous prêter les mains ma tendresse consent : Efforcez-vous ici de paroître fidèle, <

Et je m'efforcerai, moi , de vous croire telle.

CÈLIMENE. ?

Allez, vous êtes fou dans vos transports jaloux, Et ne méritez pas l'amour qu'on a pour vous. I Je voudrois bien savoir qui pourroit me contraindre J' A descendre pour vûus aux bassesses de feindre, Et pourquoi, si mon cœur penchoit d'antre côté , Je ne le dirois pas avec sincérité !

ji Quoi ! de mes sentiments l'obligeante assurance I Contre tous vos soupçons ne prend pas ma défense ! Auprès d'un tel garant sont-ils de quelque poids ? N'est-ce pas m'outrager que d'écouter leur voix? Et puisque notre cœur fait un effort extrême Lorsqu'il peut se résoudre à confesser qu'il aime, Puisque l'honneur du sexe , ennemi de nos feux , S'oppose fortement à de pareils aveux, L'amant qui voit pour lui franchir un tel obstacle Doit-il impunément douter de cet oracle? Et n'est-il pas coupable en ne s'assurant pas

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