ACTE I, SCÈlfE V
petite goutte de je ne sais quoi dans la bouche ; et , dans le même instant, elle se leva de son lit, et se mit aussitôt à se promener dans sa chambre, comme si de rien n eût été,
LUCAS
Ah!
VALÈRE
Il falloit que ce fût quelque goutte d'or potable.
MARTINE
Cela pourroit bien être. Il n'y a pas trois semaines encore qu'un jeune enfant de douze ans tomba du haut.du clocher en bas, et se brisa sur le payé la tête, les bras et les jambes. On n'y eut pas plus tôt amené notre homme, qu'il le frotta par tout le corps d'un certain onguent qu'il sait faire ; et l'enfant aussitôt se leva sur ses pieds , et courut jouer à la fossette.
LUCAS
Ah!
VALÈRE
11 faut que cet homme-là ait la médecine universelle.
Qui en doute ?
^trCAS.
Tétigué! vlà justement l'homme qu'il nous faut. Allons vite le charcher.
VALÈRE. '
Nous VOUS remercions du plaisir que vous nous faites.
MARTINE
Mais souvenez-vous bien au moins de Vavertissement que je vous ai donné.
LrCAS.
Hé ! morguenne ! laissez-nous faire : s*il ne tient qu'à battre , la v^Tche est à nous.
VAL ÈRE, à Lucas.
Nous sommes bien heureux d'avoir fait cette rencontre; et j'en conçois, pour moi, la meilleure espérance du monde.