‹ Répertoire du théâtre français (volume 3)Chapitre 319 sur 520 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

DAPHNÉ

Certes c^est pour en rire, et tu peux me le rendre. EROXÈNE, mdXant les deux portraits tun à côté de

t autre.

Voici le vrai moyen de ne se point méprendre.

DAPHNÉ

De mes sens prévenus est-ce une illusion?

ÉROXÈNE.

Mon ame sur mes yeux fait-elle impression?

DAPHNÉ

Myrtil à mes regards s'offre dans cet ouvrage.

BHOXiNE.

De Myrtil dans ces traits je rencontre l'image.

DAPHNÉ

Cest le jeune Myrtil qui fait naître mes feux.

ÉROXÈNE. '

Cest au jeune Myrtil que tendent tous mes .vœux.

DAPHNÉ

Je venois aujourd'hui te prier de lui dire

liCs soins que pour son sort son mérite m'inspire.

ÉROXÈNE.

Je venois te chercher pour servir mon ardeur Dans le dessein que j'ai de m'assurer son cœur.

DAPHNÉ

Cette ardeur qu'il t'inspire est-elle si' puissante?

ÉROXÈNE.

L'aimes-tu d'une amour qui soit si violente?

DAPHNÉ

Il n'est point de froideur qu'il ne puisse enflammer, Et sa grâce naissante a de quoi tout charmer.

90 MÉLIGERTE.

éftOXÈNE.

li n'est nymphe en faimant qui ne se tint heureuse; Et Diane, sans honte ^ e« seroit amoureiise.

DAPHNIE.

Rien que son air charmant ne me toudie anjoEonlliui; Et si favois cent cœurs ^ ils seraient tous pour lui.

BROXJBHB. . ^

Il efface à mes yeux tout ce qm*t>B voit paroître; Et si j*avois un sceptre , il en seroijt le maître.

DJLPHNé.

Ce seroit donc en vaiB qu'à chacune , en ce jour. On nous voudroit du sein arracher cet amour ; Nos âmes dans leurs vaseux isent trop bien affermies. Ne tâchons, s'il se peut, qu'à demeurer amies , Et puisqu'on même temps, pour le même sujet , Nous avons toutes deux formé même projet. Mettons dans ce «lébat la franchise en usage , Ne prenons Tune et l'autre -aucun lâche avantage , Et courons nous ouvrir ensemble àlioarsis Des tendres sentiments où nous jette son fik.

ÉROXÈNB.

J'ai peine à concevoir, tant la snrfrrise est forte. Comme un tel fils «st né d'un père de la sorte ; Et sa taille , son air , sa parole et ses yeux, Feroient croire'qu'il est issu du sang des dieux. Mais enfin j'y souscris, courons trouver ce père, Allons lui de nos cœurs découvrir le mystère; Et consentons qu'après Myrtil entre nous deux Décide par son choix ce combat de nos vœux.

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