‹ Répertoire du théâtre français (volume 3)Chapitre 328 sur 520 · ACTE I, SCÈNE V. loi · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE V. loi

Et je sens bien qu'un cœur qu'un bel objet engage Est insensible et sourd à tout autre avantage.

LICARSIS.

Comment donc ! Qu'est-ce ci? Qui l'eût pu présumer? Et savez-vous, morveux, ce que c'est que d'aimer?

MYRTIL

Sans savoir ce que c'est, mon cœur a su le faire.

LICARSIS.

Mais cet amour me choque, et n'est pas nécessaire.

MYRTIL

Vous ne dévies donc pas, si cela vous déplaît. Me faire un cœur sensible et tendre comme il est.

s LICARSIS.

Mais ce cœur que j'ai fait me doit obéissance.

MYRTIL

Oui, lorsque d'obéir il est en sa puissance.

LICARSIS.

Mais enfin , sans mon ordre il ne doit point aimer.

MYRTIL

Que n'empéchiez-vous donc que l'on pût le charmer?

LICARSlfS.

Hé bien ! je vous défends que cela continue.

MYRTIL

lia défense, j'ai peur, sera trop tard venue.

LICARSIS.

Quoi ! les pères n'ont pas des droits supérieurs ?

MYRTIL

Les dieux, qui sont bien plus, ne forcent point les cœurs.

LICARSIS.

Les dieux... Paix, petit sot. Cette philosophie

I03 MÉLIGERTE.

Me...

DAPHNB.

Ne VOUS mettez point en courroux, je iu>iis prie.

LICARSIS.

N«n ; je veux qu il se donne à Tune pour époux , Ou je vais lui donner le fouet tout devant vous. Ah ! ah! je vous ferai sentir que je suis père.

DAPHNÉ

Traitons, de grâce, ici les choses sans colère.

ÉROXÈNE.

Pent-on savoir de vous cet objet si charmant Dont la beauté, Myrtil, vous a fait son amant?

MTRTIL.

Mélicerte , madame. Elle en peut faire d'autres.

ÉROXÈNE.

Vous comparez , Myrtil , ses qualités aux nôtres!

DAPHNB. ■

Le choix d'elle et de nous est assez inégal !...

MTRTIL.

Nymphes, au nom des dieux, n'en dites point de mal.

Daignez considérer, de grâce , que je l'aime ;

Et ne me jetez point dans un désordre extrême.

Si j'outrage, en l'aimant, vos célestes attraits.

Elle n'a point de part au crime que je fais ;

Cest de moi , s'il vous plaît, que vient toute l'offense.

Il est vrai , d'elle à vous je sais la différence :

Mais par sa destinée on se trouve enchaîné ;

Et je sens bien enfin que le ciel m'a donné

Pour vous tout le respect, nymphes, imaginable.

Pour elle tout famour dont une ame est capable.

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