MÉLICERTE, CORINNE
MÉLIGERTE.
Ah! Corinne, ta viens deTapprendce de Stelle, Et c'est de Licarsis qu'elle tient la nouvelle...
CORINNE
MÉLIGERTE.
Que les qualités dont Myrtil est orné Ont su toucher d'amour Éroxène et Daphné?
CORINNE
Oui.
MÉLIGERTE.
Que pour l'obtenir leur ardeur est si grande. Qu'ensemble elles en ont déjà fait la demande; Et que, dans ce débat, elles ont fait dessein De passer dès cette heure à recevoir sa main ? Ah ! que tes mots ont peine à sortir de ta bouche ! Et que c'est foiblement que mon souci te touche !
CORINNE
Mais quoi ! que voulez- vous? C'est là la vérité ^ Et vous redites tout comme je l'ai conté.
MÉLICERTE
Mais comment Licarsis reçoit-il cette affaire?
MÉLICERTE. id&
CORINNB.
Comme un honneur Je crois, qui doit beaucoup lui plaire.
MELICERTE.
Et ne vois-tu pas bien, toi qui sais mon ardeur, Qu*avec ces mots, hélas ! tu me perces le cœur?
CORINNE
Comment?
MÉLICERTE
Me mettre aux yeux que le sort implacable Auprès d'elles me rend trop peu considérable, Et qu'à moi , par leur rang , on les va préférer, N'est-ce pas une idée à me désespérer?
CORINNE
Mais quoi ! je vous réponds, et dis ce que je pense.
MÉLICERTE
Ah ! tu me fais mourir par ton indifférence. Mais dis, quels sentiments Myrtil a*t-il fait voir?
CORINNE
Je ne sais.
MÉLICERTE
Et c'est là ce qu'il falloit savoir, Cruelle!
CORINNE
En vérité, je ne sais comment faire; Et de tous les côtés je trouve à vous déplaire.
MÉLICERTE
c'est que tu n'entres point dans tous les mouvements D'un cœur, hélas ! rempli de tendres sentiments. Va-t'en ; laisse-moi seule en cette solitude Passer quelques moments de mon inquiétude.
ici6 MÉLIGEBTE.