‹ Répertoire du théâtre français (volume 3)Chapitre 333 sur 520 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

Que peut-être Famour me feroit préférer : Mais Tinégalité de bien et de naissance, Qui peut d'elles à moi faire la différence...

MTRTIL.

Ah! leur rang de mon c<£ur ne viendra point à bout;

Et vos divins appas vous tiennent lieu de tout.

Je vous aime , il suffit; et dans votre personne

Je vois rang, biens, trésors , états , sceptre, couronne;

Et des rois les plus grands m'offrît-on le pouvoir,

Je n'y changerois pas le bien de vous avoir.

C'est une vérité toute sincère et pure ;

Et pouvoir en douter est me faire une injure.

MBLICERTE.

Hé bien ! je crois , Myrtil, puisque vous le voulez , « Que vos vœux par leur rang ne sont point ébranlés , Et que, bien qu'elles soient nobles , riches et belles., Votre cœur m'aime assez pour me mieux aimer qu'elles Mais ce n'est pas l'amour dont vous suivez la voix; Votre père, Myrtil, réglera votre choix, Et de même qu'à vous j» ne lui suis pas chère , Pour préférer à tout une simple bergère.

MTRTIL.

Non , chère Mélicerte, il n'est père ni dieux

Qui me puissent forcer à quitter vos beaux yeux ;

Et toujours de mes vœux reine comme vous êtes..,

MÉLIGERTE.

Ah, Myrtil! prenez garde à ce qu'ici vous faites : N'allez point présenter un espoir à mon cœur. Qu'il recevroit peut-être avec trop de douceur. Et qui, tombant après comme un éclair qui passe,. 4> 10

iio MÉLICERTE.

Me rendroit plus cruel le coup de ma disgrâce.

M r UTIL.

Quoi ! faut-il des serments appeler le secours. Lorsque Ton vous promet de tous aimer toujours-? Que TOUS vous faites tort par de telles alarmes, Et connoissez bien peu le pouvoir de vos charmes! Hë bien ! puisqu'il le faut , je jure par les dieux , Et, si ee n'est assez, je jure par vos yeux Qu'on me tuera plutôt que je vous abandonne. Recevez-en ici la foi que je vous donne; Et souffrez que ma bouche, avec ravissement. Sur cette belle main en signe le serment.

MELICERTE.

Ah, Myrtil! levez- vous, de peur qu'on ne vous voie.

MTATIt.

Est*il rien?... Mais, 6 ciel! on vient troubler ma joie.

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