ACTE III, SCÈNE IV
LA PRIIICES8E.
Et la raison ?
EURTALE.
Cest qu'on a obligation à ceux qni nous aiment, et que je serois fâche d'être ingrat.
LA PRIHCESSE.
Si bien donc que , pour fuir l'ingratitude , vous aimeriez qui vous aimeroit.
EDllTALE.
Moi, madame ? point du tout. Je dis bien que je serois fâché d'être ingrat ; mais je me résoudrois plutôt de l'être que d'aimer.
LA PRinCESSE.
Telle personne yous aimeroit peut-être , que votre cœur....
EURTALE.
I9on, madame, rien n'est capable de toucher mon cœur. Ma liberté est la seule maîtresse à qui je consacre mes vœux ; et quand le ciel emploieroit ses soins à composer une l)eauté parfaite , quand il assembleroit en elle tous les dons les plus merveilleux et du corps et de Famé, enfin quand il exposeroit à mes yeux un miracle d'esprit , d'adresse et de beauté , et que cette personne m'aimeroit avec toutes les tendresses imaginables ; je vous l'avoue franchement , je ne V aimerois pas.
$6 LA PRINCESSE IVÉLIDE.
LA PRIBCE88E, k part.
A't-on jamais rien tu de tel !
M OBOH ^ à la princesse.
Peste soit du petit bmtal ! J'aurois bien envie de lui bailler un coup de poinç.
LA PRIKCESSE, à part.
Cet org;aeil me confond; et j'ai un tel dëpit, que je ne me sens pas.
M o R o N , bas , au prince.
Bon ! Coura{j^ , sei^pieur ! Voilà qui va le mieux du monde.
EURTALE, basy h MoroH.
Ah! Moron, je n'en puis plus, et je me suis fait des efforts étranges.
LA PRINCESSE, h Euryalc.
Cest avoir une insensibilité bien (pi'ande, que de parler comme vous faites.