SCÈNE VU
De quelle ëmotion inconnue sens-je mon cœur atteint? et quelle inquiétude secrète est venue troubler tout d*un coup la tranquillité de mon ame ? Ne seroit-ce point aussi ce qu*on vient de me dire ? et , sans en rien savoir , n'aimerois-je point ce jeune prince ? Ah ! si cela étoit , je serois personne à me désespérer. Mais il est impossible que cela soit, et je vois bien que je ne puis pas Faimer. Quoi ! je serois capable de cette lâcheté ! J.*ai vu toute la terre à mes pieds avec la plus grande insensibilité du monde ; les respects , les hommages et les soumissions , n ont jamais pu toucher mon ame : et la fierté et le dédain en auroient triomphé ! Tai méprisé tous ceux qui m*ont aimée; et 'j'aimerois le seul qui me méprise! Non, non , je sais bien que je ne Taime pas. Il n'y a pas de raison à cela. Mais si ce n'est pas de Tamour que ce que je sens maintenant, qu'est - ce donc que ce peut être ? et d'où vient ce poison qui me court par toutes les veines, et ne me laisse point en repos avec moi-même ? Sors de mon cœur , qui que tu sois , ennemi qui