ACTE I, SCÈNE II
Je vois qu'il a de moi taille, mine, action. Faisons-lui quelque question , Afin d'éclaircir ce mystère.
[haut.) I
Parmi tout le butin fait sur dos ennemis, Qu'est-ce qu'Amphitryon obtint pour sou partage?
MERCUBE.
Cinq fort gros diamants en nœud proprement rois. Dont leur chef se paroit comme d'un rare ouvrage.
SOSIE
A qui destine-t-il un si riche présent?
MERCURE
A sa femme; et sur elle il le veut voir paroitre.
SOSIE
Mais où, pour l'apporter, est-il mis à présent?
Dans un coffret scellé des armes de mon maître.
SOSIE, à part»
Il ne ment pas d'un mot à chaque repartie: Et de moi je commence à douter tout de bon. Près de moi par la force il est déjà Sosie ; Il pourroit bien encor l'être par la raison. Pourtant, quand je me tâte, et que je me rappelle,
Il me semble que je suis moi.
Où puis-je rencontrer quelque clarté fidèle
Pour démêler ce que je voi?
Ce que j'ai fait tout seul, et que n'a vu personne, A moins d'être moi-même, on ne le peut savoir. Par cette question il faut que je l'étonne :
338 AMPHITRYON
Cest de quoi le confondre ; et nous allons le rmr.
( haut. ) Lorsqu'on étoit aux mains , que fis-tu dans oos tente?. Où tu courus seul te fourrer?
MERCURE
D'un jambon...
] SOSIE, bas^àpart.
i- L'y voilà!
ifERCURE.
Que j'allai déterrer Je coupai, bravement deux tranches succulentes
Dont je sus fort bien me bourrer.
Et joignant à cela d'un vin que l'on ménage , Ee4ont, avlnt le goût, les yeux se contentoient, j Je pris un peu de courage
Pour nos gens qui se battoient.
'' SOSIE, bas,àpart.
Cette preuve sans pareille En sa faveur conclut bien ; Et l'on n'y peut dire rien , S'il n'étoit dans la bouteille.
{haut.) Je pe saurois nier aux preuves qu'on m'expose, Que tu ne sois Sosie, et j'y donne ma voix : Mais si tu l'es , dis-moi qui tu veux que je sois ; Car Qncor faut-il bien que je sois quelque chose.
MERCURE
Quand je ne serai plus Sosie, Sois-le , j'en demeure d'accord :
Mais tant que je le suis, je te garantis mort