ACTE II, SCÈNE I. 35i
Plus de conférence entre nous ; |
Vous savez que d'abord tout cesse. /
AMPHITBTON.
Non, sans emportement je te veux écouter, Je Tai promis. Mais dis; en bonne conscience. Au mystère nouveau que tu me viens conter Est-il quelque ombre d'apparence?
Non ; vous avez raison , et la chose à chacun
Hors de créance doit paroître.
C'est un fait à n*y rien connoitre.
Un conte extravagant, ridicule, importun;
Gela choque le sens commun ;
Mais cela ne laisse pas d'être.
AMPHITRTON.
Le moyen d'en rien croire , à moins qu'être insensé !
SOSIE
Je ne l'ai pas cru, moi, sans une peine extrême.
Je me suis d'être deux senti l'esprit blessé,
Et long-temps d'imposteur j'ai traité ce moi-même : /
Mais à me reconnoitre enfin il m'a forcé ;
J*ai vu que c'étoit moi , sans aucun stratagème ;
Des pieds jusqu'à la tête il est comme moi fait.
Beau, Fair noble, bien pris, les manières charmantes;
Enfin deux gouttes de lait \ '
Ne sont pas plus ressemblantes ; |
Et , n'étoit que ses mains sont un peu trop pesantes , J'en'serois fort satisfait.
AMPHITRYON
A quelle patience il faut que je m'exhorte!
35j amphitryon.
Mais enfin n'es>tu pas entré dans la maison?
SOSIE
Bon , entré ! Hé ! de quelle sorte ?
Ai-je voulu jamais entendre de raison ? Et ne me sois-je pas interdit notre porte?
AMPHITRYON
Comment donc?
SOSIE
Avec un bâton , Dont mon dos sent encore une douleur très forte.
AMPHITRYON
On t'a battu?
SOSIE
Vraiment.
AMPHITRYON
Et qui?
SOSIE
Moi.
AMPHITRYON
Toi , te battre?
SOSIE
Oui , moi ; non pas le moi d'ici , Mais le moi du logis v qui frappe comme quatre.
Te confonde le ciel de me parler ainsi]
SOSIE
Ce ne sont point des badinâmes.
Le moi que j*ai trouvé tantôt Sur le moi qui vous parle a de grands avantages; Il a le bras fort, le cœur haut :