‹ Répertoire du théâtre français (volume 3)Chapitre 500 sur 520 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

AMPHITRYON

Oui , sans doute, le sort tout exprès ne le cache; Et des tours que je fais , à la fin , je suis las. U o*est point de destin plus cmel» que je sache. Je ne saurais trouver, portant par-tout mes pas,

Celui qu'à chercher je m'attache.

Et je trouve tous ceux que je ne cherche pas. Mille fâcheux crueb , qui ne pensent pas Fétre, De nos faits avec moi, sans beaucoup me connoître, Viennent se réjouir pour me faire enrager. • Dans rembarras cruel du souci qui me blesse. De leurs embrassements et de leur allégresse Sur mon inquiétude ib viennent tous charger.

En vain à passer je m*apprête

Pour fuir leurs persécutiQni, Leur tuante amitié de tons cotés m'arrête ; Et tandis qu'à l'ardeur de leurs expressions

Je réponds d'un geste de tète, Je leur donne tout bas cent malédictions. Ah ! qu'on est peu flatté de louange, d'honneur, Et de tout ce que donne une grande victoire. Lorsque^ dans l'ame on souffre une vive douleur!

AMPHITRYON. 385

Et que Ton doDoeroit volontiers cette gloire /

Pour avoir le repos du cœur!

Ma jalousie, à tout propos,

Me promène sur ma disgrâce ;

Et plus mon esprit y repasse.

Moins j*en puis débrouiller le funeste chaos. Le vol des diamants n*est pas ce qui m*étonne; On lève les cachets, qu*ou ne faperçoit pas : Mais le don qu'on veut qu*hier j'en vins faire en personne Est ce qui fait ici<mon cruel embait-às. La nature parfois produit des ressemblances j

Dont quelques imposteurs ont pris droit d'abuser; /

Mais il est hors de sens que , sous ces apparences, Un homme pour époux se puisse supposer; Et dans tous ces rapports sont raille différences Dont se peut une femme aisément aviser.

Des charmes de la Thessalie On vante de tout temps les merveilleux effets : Mais les contes fameux qui par-tout en sont faits Dans mon esprit toujours ont passé pour folie; Et ce seroit du sort une étrange rigueur

Qu'au sortir d'une ample victoire

Je fusse contraint de les croire

Aux dépens de mon propre honneur. Je veux la retâter sur ce fâcheux mystère. Et voir si ce n^eât point une vaine chimère Qui sur ses sens troublés ait su prendre crédit.

Ah ! fasse le ciel équitable

Que ce penser soit véritable, Et que, pour mon bonheur, elle ait perdu l'esprit. 4. 3.^

386 AMPHITRTOH.

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