‹ Répertoire du théâtre français (volume 3)Chapitre 53 sur 520 · ACTE V, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE II

mouvement secret m*a inspirée , et que je nai suivie qu^avec toutes les violences imaginables. Il falloit qu'elle cessât bientôt sans doute, et je m*étonne seulement qu elle ait pu durer la moitié d'un jour : car enfin je mourois , je brûlois dans l'ame, quand je vous dé^isois mes sentiments ; et jamais cœur n'a souffert une contrainte ëgale à la mienne. Que si cette feinte, madame, a quelque chose qui vous offense^ je suis tout prêt de mourir pour vous en venger; vous n'avez qu'à parler, et ma main sur-le-champ fera gloire d'exécuter l'arrêt que vous prononcerez.

Non, non, prince, je ne vous tais point mauvais gré de m' avoir abusée ; et tout ce que voua m'avez dit, je l'aime bien mieux une feinte que non pas une vérité.

IPHITAS.

Si bien donc, ma fille, que tu veux bien ac' cepter ce prince pour époux ?

Seigneur, je ne sais paa^encore ce que je veux. Donnez-moi le temps d'y songer , je vous prie , et m'épargnez un peu la confusion où je suis.

IPHITAS.

Vous jugez, prince, ce que cela veut dire; et vous vous pouvez fonder là-dessus.

EURTALB.

Je rattendrai tant qu'il vous plaira, madame, cet arrêt de ma destinée ; et, s'il me condamne à la mort, je le suivrai sans murmure.

IPHITAS.

Viens, Moron. Cest ici un jour de paix , et je te remets en grâce avec la princesse.

JMOBON.

Seigneur, je serai meilleur courtisan une autre fois , et je me gar4erai bien de dire ce que je pense.

Page 1