‹ Répertoire du théâtre français (volume 3)Chapitre 8 sur 520 · ACTE I, SCÈNE I. i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I. i

Qui ne veut point sunfFrir que votre cœur s'explique ; Et je ne sais quel fruit peut prétendre un amour Qui fiiit tous les moyens de se procure au jour.

EirnTAiE.

Et que ferai- je, Arbaté, en déclarant ma peine , Qu attirer le» dédains de cette ame hautaine , Et me jeter au rang de ces princes soumis Que le titre d'amants lui peint en ennemis? Tu vois tes souverains de Messène et de Pyle Lui faire dé leurs cœurs un hommaj^e inutile, Et de Féclat pompeux des plus, hautes vertus En appuyer en vain les respecta assidus : Ce rebut de leurs soins sous un triste silence Retient de mon amour toute la violence ; Je me tieâs condamné dans ces rivaux fameux, Et je lis mon arrêt au mépris qu'on fait d'eux.

ARBATE.

Et c'est dans te mépris et dans cette humeur fière Que votre ame à ses vœux doit voir plus de lumière , Puisque le sort vous donne à conquérir un cœur Que défend seulement une siitaple froideur ! Et qui n'oppose point à l'ardeur qui vous presse De quelque attachement Finvincible tendresse. Un coear préoccupé résiste puissamment ;

Mais quand une ame est libre, on la forte aisément , Et toute la fierté de son indifférence

19'arien dont'ne triomphe un peu de patience.

Ne lui cachez donc plus le pouvoir de ses yeUx ,

Faites de ventre flamme un éclat glorieux ;

Et, bien loin de trembler de l'exemple des autres,

i6 LA PBINCESSE D'ÉLIDE.

Xhi rebut de Iran vœux enflez Fespoir des «otces. Peut-être, poor toucher ses sévères appas. Aurez- vous des secrets que ces princes n*ont pas ; Et , si de ses fiertés f impérienx caprice Ne vota fait éprouver un destin plus propice. An moins est-ce on bonheur, en ces extrémités. Que de voir avec soi ses rivaux rebutés.

EUBTALE.

J*aime à te voir presser cet aveu de ma flamme : Combattant mes raisons, tu chatouilles mon ame ; Et par ce que j*ai dit je vonlois pressentir Si de ce que j*ai fait tu pourrois m'applaudir. Car enfin , puisqu'il faut fen faire confidence. On doit à la princesse expliquer mon silence ; Et peut-être , an moment où je t'en parle ici , Le secret de mon cœur, Arbate, estéclairci. Cette chasse où, pour fuir la foule qui Tadore, Tu sais qu elle est allée au lever de Faurore , Est le temps que Moron , pour déclarer mon feu, A pris.

ARBATE.

Moron, seigneur!

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