LYCASTE
Vous vous mariez tout de bon ?
DORIMÈNE
Tout de bon.
LTCASTE.
Et vos noces se feront dès ce soir ?
DORIMÈRE.
Dès ce soir.
LTCASTE.
Et vous pouvez, cruelle que vous êtes, oublier de l'a sorte Tamonr que j'ai pour vous , et les obligeantes paroles que vous m'aviez données.'^
DORIMENE.
Moi? point du tout. Je vous considère toujours
-de même ; et ce mariage ne doit point tous m« cjuiéter. Cest un homme que je n épouse point par amour , et sa seule richesse me fait résoudre à Faccepter. Je n ai point de hien, vous n en avez point aussi ; et vous savez que sans cela on passe mal le temps au monde, et qu'à quelque prix que ce soit il faut tâcher d'en avoir. Tai embrassé cette occasion-ci de me mettre à mon aise ; et je l'ai fait sur l'espérance de me voir bientôt délivrée du barbon que je prends. Cest un homme qui mourra avant qu'il soit peu , et qui n'a tout au plus que six mois dans le ventre. Je vous le garantis défunt dans le temps que je dis ^ et je n'aurai pas longuement à demander pour moi au ciel l'heureux état de veuve.
( à Sganarelle (quelle aperçoit, ) Ah ! nous parlions de vous , et nous un disions tout le bien qu'on en sauroit dire.
LTGASTE.
Est-ce là monsieur ?
DORIHÊNE.
Oui, c'est monsieur qui me prend pour femme.
LTGA8TE.
Agréez, monsieur, que je. Vous félicite de voire mariage , et vous présente en même temps mes très humbles services ; je vous assure que vous épousez là une très honnête personne. Kt vous ,