SCÈNE XXX
JULIE, se mettant au-devant de Morille,
à Hilaire. NoD , monsieur, je ne souffrirai point <]u'il sorte; il y va trop du vôtre
HiLAïAE, h Julie.
Gomment?
JULIE. -
Il faut que vous sachiez sa trahison ; je ne puis plus la celer. Il a fait cacher, depuis une demiheore, un homme cëans, qui, sans doute, y est encore; il est important que vous sachiez à quel sujet.
HILâIRE.
Que me dites-vous là?
JULIE
Je vous dis la vérité ; nous Tavons vu.
ROSETTE
Rien n'est plus assuré, monsieur; et c'est ce que nous lui reprochions quand il nous a battues.
HILAIRE
Il y a de la vraisemblance à ce que vous dites :
c'est peut-être un certain drôle qui, dit-on, en
veut à ma nièce , et qui , possible , a de Tintelli-
çence avec lui. (à Morille.) Quel est cet homme?
MO-RiLLE, embarrassé.
Monsieur... je ne sais pas...
HILAIRB.
Parla mort! par la ventre} je le veux savoir, où je t*esiropie.
MORILLE
Monsieur, je vous demande pardon : c'est un de mes amis, fort galant homme, qui, pour une action d'honneur, appréhende la justice , et qui, pour sa sûreté, m'a prié instamment dé le cacher deux ou trois jours dans le lieu où je couche.
HILÂIRE.
Quoi ! sans ma permission !
MORILLE
Excusez-moi, monsieur ; je n'ai pas encore trouvé le temps de vous en parler.
JULIE
Croyez, monsieur, qu'il votis ahuse : les bontés que vous m'avez témoignée» me foi^cent à prendre ici votre intérêt contre le sien. BiLAiRE, à Julie f la caressant.
Que ne vous dois-je point?
JULIE
Si vous voulez que je vous en dise davantage , faites venir cet homme en ce lieu , et que, devant eux , vous soyez instruit de toutes choses.
HILAIRE
Il faut vous satisfaire, (à Morille. ) Je com-