ACTE I, SCÈNE III
CHAMPAGNE, lut donnant la lettre.
Tiens, tu la rendras quand il en sera temps. A ne te point mentir, cet amour de mon maître , Tous ses soins empressés.,.
JUSTINE, l'interrompant.
Te fatiguent peut-être?
CHAMPAGNE
Tu l'as dit. Est-il rien de plus triste, en effet? Toujours sans aucun fruit filer l'amour parfsdt.
JUSTINE
Julie aime Glitandre, et d'une ardeur fidèle.
CHAMPAGNE
Eh ! morbleu! s'il est vrai, que ne l'épouse-t-elle?
JUSTINE
Tu parles comme un sot.
CHAMPAGNE
Grand merci ! Mais pourquoi Le fait-elle languir sans lui donner sa foi?
JUSTINE
Ignores-tu qu'il faut que son frère y consente^
CHAMPAGNE
Elle ne fera rien sans l'aveu de Dorante? Je la garantis fille encore à soixante ans.
JUSTINE
D'où vient?
Donnera-t-il quatre cent mille francs?
On garde avec plaisir une pareille somme, s'en dépORillera-t-il en faveur d'un autre homme., s'il en est , comme on d\% , le juste possesfieur
Josquan jonè où rhymën engagera sa sttnr?
jusTiNe:
Telle fat à la mort la volonté du père.
CHAMPAGNE
Ce père en sentiment ne se connoissoit guère , S'il crut qae , fintérét cédant à l'amitié , Dorante de ses biens qmtteroit la moitié.
JtJSTINE.
Sans doute, à l'y forcer nous aurons de la peine. Mais ai-je encor fDimé quelque entreprise vaine? Grâce au cidl mes projets ont toujours réussi, Et j'aurai le plaisir d'adiever celui-ci. Oui , j'ai juré d'unir Glitandre avec Julie ; J'ai le secours d'Éraste et celui de Célie. Je tiendrai ma parole , ou bien je périrai.