‹ Répertoire du théâtre français (volume 4)Chapitre 224 sur 465 · ACTE m, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE VI

DORANTE, bas.

' Je ne saurois plus te cacher ma foiblesse. Je suis plein de soupçons , de crainte et de tendresse. J'ai pris, dans ce désordre, un violent parti.

j D STi N E , bas , à Dubois, Ah! Dubois!

DUBOIS, bas.

Il est vrai, monsieur s'est démenti.

CBLIB.

Me menacer! montrer ane fareur extrême Contre moi, la douceur et Tinnocence même !

JUSTINE, à ;Nirt. .

Gagnons sa confiance, excusons ses transports...

{àCélie.) Vous devez pardonner, madame, à ses remords. Il vous aime , nne fois !

DORANTE

Je l'adore.

JUSTINE, à Célie,

Sa flamme A produit contre vous ces troubles dans son ame . Loin d'être injurieux, ils ne sont qu'obligeants.

CBLIE.

En use-t-on ainsi quand on aime lés gens?

JUSTINE

Oui, l'amour le plus tendre a souvent du caprice.

CBLIE.

Le véritable amour abhorre l'injustice.

JUSTINE

H faut plus d'indulgence entre gens mariés ,

Madame , ou chaque jour vous vous étrangleriez. Cest la première loi que le contrat impose De savoir, tour à tour, se passer quelque chose.

DUBOIS, à Célie.

Cest connoitre le monde, et Justine a raison.

j u ST I N E , à Célie et à Dorante.

Ce nest qu'ainsi qu'on met la paix dans la maison; Autrement la discorde y régne en souveraine... On vient... Gardez, tous deux, que l'on ne vous surprenne.

Page 1