ACTE IV, SCÈNE II
BABET
Jamais on n a soupe plas agréablement.
Éraste , en vérité , sait agir galamment : Il le faut avouer; et les fêtes qu'il donne Ont un air de bon goût, que n'attrape personne.
DOBANTS.
Oui, c'est un connoisseur.
BABET
Tout étoit délicat.
Et l'on s'est récrié vingt fois sur chaque plat. Le fruit délicieux. Poar comble de surprise, Il a joint à la chère une musique exquise; La fleur de l'opéra.
DORANTE, (tun air contraint.
Vous ne m'étonnex pas.
BABET
On a fort plaisanté pendant tout le repas.
DORANTE
Sur quoi?
BABET
Sur les maris , sur tous leurs ridicules. On a parlé des bons, des fiàcheux, des crédules , Des jaloux : tous enfin ont été sur les rangs , Et madame en a fait cent contes différents.
DORANTE
Fort bien.
BABET
L'on a passé trois heures de la sorte.
DORANTE, à ^rt.
Je crève, et ma douleur ne fut jamais si forte!
{àBabet,) Ensuite?
BABET
U a falla rerenir à Paris. i
DORANTE, ik|Mn.
Je me passerois bien éten avoir tant appris. BABET, lui voya fU un air soucieux.
Mais, qu'avez- vous , monsieur? Seriez- vous en colère? Ce que je rata ai dit ponrroit-ii vous déplaire ?
IftORANTB.
Non.
BABET
Seriez-vous aussi comme certains époux Qu'un mot trouble, qu'un rien met d'abord en courroux ; Qui, des moindres |riaisirs perpétuels critiques. Sont toujours dévorés de chagrins domestiques?
DORANTE
Au contraire; je n'ai jamais tant de plaisir
Que de voir profiter d'un honnête loisir.
J'en fais ma seule étude , et j'y porte les autres.
BABET
Leurs divertissements altèrent bien les vôtres. Ne faignez plus, nionsieur : je le vois clairement, Je vous ai chagriné ) mais c'est innocenmient. Pardonnez donc ma faute k mon peu de lumière; Ma langue une autre fois sera plus régulière.
DORANTE
Vous me connoissez mal : allez, ne craignez rien...
{à part.) Ah ! que n'ai-je évité ce funeste entretien !