ACTE II, SCÈNE IV
LONGUEMAIEr.
YoiiB parler en secret.
J'ai mes misons.
ORONTK, à Metiin. Va-t'en.
LONG0BMÀIN.
Avant <]neje me nonmie, Je crois en vous, monsieur, trouver nn honnête homme.
ORONTE
Si vous m'esthnec tel , quoi que vous me disiez. Vous ne trouverez point que vous vous abusiez. Croyee*«tt ma parole, et n'ayez aucmi doute.
LOltGUEMAIN.
Êtes-vous assuré que personne n'écoule?
ORONTB.
Paiiet sans vous contraindre, et n'appréhendez rien.
LONGUBMAIN.
Pour vivre en honnête homme il font avoir du bien.
La vertu toute nue autrefois étoit beUe ,
Mais le vice à son aise est aujourd'hui plus qu'elle :
Et de quelques talents dont on soit revêtu.
On ne fait point fortune avec trop de vertu.
Cela posé, j'ai cru pouvoir tout me permettre
Dans les divers états où l'on m'a voulu mettre.
Dès mes plus jeunes ans, dans mes plus bas emplois ,
J'ai toujours eu le soin d'étendre un peu mes droits.
Cette iodinatiou augmentant avec l'âge
Dans des postes meilleurs je prenois davantage;
Mais tous ces petits gains , par leurs foibles appas.
En flattant mes désirs ne les remplissoient pas.
Si bien «pie tout d'un coup, roocnrrence étant belle.
De denz cent mille francs j'ai fraadé la gabelle :
Et vous m'obligeriez, après œ beau conp-là.
De donner dans le monde on bon tour à cela.
Quand on a, comme vons, nne plnme si bonne...
ORONTE
Et ^oel diable de tour yonlez-vons qne j'y donne? Après un yol si grand...