ACTE II, SCÈNE IV
LONGUEMAIir.
L'afFronC da pilori me parott quelque chose;
Je plains ceux qu'en spectacle en ce lieu Ton expose f
Mais combien en voit-on , banqueroutiers paifùts.
Vivre du revenu des crimes qu'ils ont faits !
Pour un à qui Ton fait ces injures atroces ,
Plus de dix à Paris ont deux ou trois carrosses.
Qu'un homme ait de bien clair jusqu'à cent mille écus ,
On lui prête sans peine un million et plus :
Chacun ouvrant sa bourse, à sa moindre requête,
Lui jette avec plaisir son argent à la tête ;
Et quand ses créanciers redemandent leur bien , ,
L'emprunteur infidèle abandonnant le sien ,
A la face des lois fait un vol manifeste;
Et pour cent mille écus un million lui reste.
Les gens que vous eitez, dont vous suivez le train.
Sont l'exécration de tout le genre humain.
Les affronts qu'on leur feit ont de si juste causes.
LONGUEMAIJÏ.
Trois carrosses roulants rajustent bien des choses; Et sept cent mille francs pour trahir son devoir. C'est vendre son honneur tout ce qu'il peut valoir. Av«c ce que j'ai pris comparez cette somme, Vous verrez que j'en use en bien plus galant homme. Pour messieurs les fermiers, qui font des gains si grands, Qu'est-ce, de bonne foi, que deux cent mille francs? Gros seigneurs comme ils son(, ont-ils lieu de se plaindre? A rien de plus modique ai-je pu me restreindre?
Et de vider ma caisse ayant fait m serment, Pouvois-je eu coosdence eu user aqtrement? MettcKHvoiifi en nui place, et penses bien.»
OnONTB.
Degiaoe,
Ne me proposes point cette odieuse place. Quel secours de ce ciime oses^-vous espéver ? Vous vous âtes fait riche, et n oses vous miçntrer ; De vos meilleurs amis vous, craignes la prëpence* Vous éties plus heureux avec plus d'iodigence; Vous marchies libsement sans peur d'être arrêté : Et yousavep peidu jusqu'à la liberté.
LONOUBMAIN.
Je sais un sûr moyeft de me la faire rendre,
on^MTi Quel moyen?
LONOQBMAIJr*
Écoutes, et vous l'aUes apprendre :
C'est runk|ue svyet cpii m'eméne en ce lieu. De deux extrémités j'ai choisi le milieu : De l'argent qu'on a pris fait de la peine à rendre , Mais on sooffre enoor plus quand ou se laisse pendre; Ainsi, soit par ibiblesse, ou par bonne amitié» De deux cent mille francs je rendrai la moitié. Ce sont cent. mille francs que je perds, mais qu'y fatfe? J'aime , quand je le puis, à conclure une affaire. Les fermiers généraux voyant ma bonne toi Me pourront confier quelque meilleur emploi. Ccst ce qu'avec grand art, comihe par bonté pure, H faut insinuer dans le premier Mercure.