‹ Répertoire du théâtre français (volume 4)Chapitre 277 sur 465 · ACTE III, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV

ORONTB.

Sans doute.

Je saurai de monsiemr «piel affront il redoute; 11 ne sortira point qnil ne m'ait couTaincu...

M. DE LA MOTTE

Puisqu'il faut m'ezpliquer , je crains d'être cocu.

CLAIRE

Impudent!

ORONTB.

Supprimez ces discours téméraires.

M. DE LA MOTTE

Mon prétendu cousin, chacun sait ses affaires. Pouvez-vous m'empécher d'avoir peur?

CÉCILE

C'est à tort; Mademoiselle est sage, a de l'honneur.

M. DE LA MOTTE

D'accord.

ORONTE

Ses manières, son air, sa pudeur naturelle. Ce sont des cautions qui vous répondent d'elle.

M. DE LA MOTTE

Elle a plus de vertus encore que d'appas; Cest, je crois , dire assez qu'elle n'en manque pas. De quelque autre que moi (Qu'elle soit la conquête, Des dangers de l'hymen je garantis sa tête : Mais tout ce que j'entends , et tout ce que je vois , Pour m'appeler cocu semble prendre une voix. Écontez quatre mots , sans aucune incartade , Et traitez-moi de fou , si j'ai l'esprit malade.

Ce fut jeudi dernier cpe 1 en fer en courroux

Dtt pUisir que j'aurois , si j etois votre époux.

Déchaîna contre moi tout ce qu'il 4arat capable

De pouvoir me contraindre à me donnier an diable.

Ce jouivlà , cpie depuis j'ai maudit mille fois,

AyauX beaucoup marché sans dessein et sans choix ,

Je fus me reposer vers les bornes de pierre,

Qui d*un jaloux voisin ont séparé ma terre ,

Pour rêver à mon aise au moment bienheureux

Où l'amour dans vos bras rempliroit tous mes vœux.

A peine ëtois-je assis sur une de ces bornes ,

Que deux gros limaçons me présentent les cornes :

Plus je donnai de coups pour les faire rentrer»

Plus ils prirent de peine à me les mieux montrer;

Et de leur insolence ayant pris quelque ombrage ,

Je me levai sur Theure et les tuai de rage.

Étant persuadé qu'à moins d'uu prompt trépas ,

Les a^ronts à l'honneur ne se réparent pas.

Je venois en héros de venger mon injure,

Quand par méchanceté, pour confirmer Yaa^ve,

Un misérable oiseau pensa me rendre fou

A force de crier coucou, coucou , coucou.

Enragé contre lui, mon fusil sur l'épaule,

J'enti» dans la forêt , et je cherche le drdle ,

Fortement résola, pour venger mes soupçons,

De lui faire éprouver le sort des limaçons.

Mais zeste. Le coquin de branchage en branchage,

De son maudit coucou redoubla le ramage,

Et quatre coups en l'air , loin de l'épouvanter.

Lui servirent d'appât pour le faire chanter.

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