ACTE V, SCÈNE IV
L'éclat que je loi donne en est la seule cause.
ORONTIB.
Je crois vos airs fort beaux, mais il faut autre chose : Qui ne veut que des airs achète un opéra*
LE MARQUIS
Parbleu , je vais gager tout ce que Ton voudra , Que dans tout Pha4ton, quelque bruit qu'on en fasse, On ne verra point d'air que celui-ci n efface. Vous vous y cpnnoissez, et cela me suffit. D'ailleurs ce que je dis ne s'estpoint encor dit ; La route que je tiens est fraîchement tiacée ; Tout y sera nouveau , jusques à la pensée ; Et comme c'est un air à demi goguenard, Je l'ai pris sur un ton entre doux et hagard. Je voudrais qu'en cet art madame fût congrue : Il seroit malaisé qu'elle n'eût l'ame émue.
GÉCIItB.
Pour toas les airs nouveaux j'ai de la passion , Et je vais écouter avec attention.
LE MAR^iOlS.
Je vous demande à tous une équitable oreille.
( // prélude et dit ensuite ce vers,) Les paroles et l'air n'ont coûté qu'une veille.
( // chante.)
Tant que l'hiver a duré , Margot m'a fait la grimace -, Mon ccenr n'a point murmuré De voir le sien tout de glace :
Mais, le printemps de retour,
Elle doit changer de note ; Ou bientât avec la sotte J'enverrai paitre l'amour.
Gomment le trouve^vous?
ORONTE
Fort nouveau.
LE MARQUIS
Je me pique D'avoir dans runivers peu d'égaux en musique. Outre qu'avec plaisir les tons sont varies , Les paroles et l'air sont si bien mariés , Qu'il semble qu'on ait fait, sans préceptes frivoles, Les paroles pour l'air, et l'air pour les paroles. Vous faites tons des vœux pour un second couplet , J'en suis sûr
oécixE.
Le plaisir en seroit plus complet.
LE MARQUIS
Pour vous refu^r rien je vous trouve trop belle. TréteE-moi, je vous prie, attention nouvelle.
Second couplet.
Avant le temps des frimas , Dans une grotte champêtre , De ses plus charmants appas Elle me faisoit le maître; Mais je prétends dès ce jour La remener dans la grotte; Ou bientôt avec la sotte J'enverrai paitre l'amour.