LES COLOMBES ET LE VAUTOUR
FABLE
Uu jour les colombes craintives , Sachant que le vautour voulott se marier, '
Se mirent si fort à crier Que le vent Jusqu'au del, porta leurs voix plaintives : • Si lui seul nous désole et nous mange aujourdlinî, « Disoit en son langage une colombe habile,
* Quel lieu nous servira d^asile « Contre un nombre d'enfants aussi méchants que lui? >
S'il suffit d'un huissier pour vider une bourse, Qui pourra contre sept avoir quelque ressource? Croyez-moi, je vous prie, épargnez-vous Taffront De vous vanter ailleurs d'avoir été fécond : C'est un malheur public qu'un huissier si fertile. Loin qu'au bien de l'état votre hymen soit utile , De quantité de gens le sort seroit plus doux. Si jadis votre mère eût avorté de vous. Je fais profession d'être franc et sincère; Vous le voyez,
M. FORET
Monsieur, si c'étoit à refaire , Crésus , tout roi qu'il est , auroit tort aujourd'hui , S'il attendoit de moi ce que j'ai fait pour lui.