‹ Répertoire du théâtre français (volume 4)Chapitre 368 sur 465 · EUPHROSINE, DORIS · texte numérisé non relu

EUPHROSINE, DORIS

BUPHBOSINB.

Doris, tu me fais faire une étrange figure : Ma raison y répugne , et mon cœur en murmure. Quoi ! tu Veux que d'Ésope implorant la bonté, Lui «jui m'est odieux, lui que j*ai maltraité; Tuveux,di»-je...

oor;8.

Qui, moi? Je ne veux rien , madame; Je consens volontiers que vous soyea sa femme, £t que deaiain, sans faute , il vous donne la main.

EUPHROSIME.

Lui , DOris? Ah ! plutôt...

DORIS

Tout est prêt pour demain , Parents, amis , festin; et monsieur votre père Appréhende si fort qu'Ésope ne diffère.

Que, si hâter la chose étoit en son pouvoir. Ce qu'il fera demain, il le feroit ce soir. J'ai rêvé, consulté, déployé tout mon zélé, Donné la question à ma pauvre cervelle.

Et je n'ai point trouTé de remède plus prompt Qui pût de cet hymen vous épaiigner l'alFront : Il faut absolument voir Ésope vous-même : Pour vous tout accorder il suffit qu'il vous aipie ; Je ne vois que lui seul dont on puisse espérer D'adoucir votre peine, ou de la différer. Dites-lui qu'un seul jour est un trop foible espace Pour chasser Agénor et le mettre en sa place; Et demandez du temps pour v«ns accoutumer A le voir, à l'entendre , et peut-être à l'aimer. S'il vous en veut donner, la grâce est assez grande.

EUPHROSINE

Mais je m'engage à lui, si j'obtiens ma demande. S'il m'accorde du temps , prends-tu garde à cela? Je deviens sa conquête au bout de ce temps-là. La crainte que j'en ai me rend tout interdite.

BORIS

M'eussiez-vous d'autre espoir que dans la mort subite , Outre qu'on voit souvent d'heureux coups du hasard , Vous deviendrez sa femme au moins un peu plus tard. C'est quelque chose.

EUPHROSINE. '

Hélas ! que cet espoir est fade !

BORIS

S'il étoit seulement si peu que rien malade! J'ai , comme vous savez, un habile cousin , Homme de conscience, et savant médecin, Qui l'enverroit bientôt ad patres.

EOPHROSINE.

Quelle attente !

ftoo LES FABLES D'ÉSOPE.

I»ORIS

Je fais ce que je puis , j'imagine , j'invettle , Je promèiie psr-toat mon esprit et mes yeux; En un mot, Gomine «n cent, je ne pois faire mieux. Et , pour tmit dire, enfin, je fais pk», ce me seu^e, Qu Agénor ni que vctas, ni que tons deux ensemble. Pour sertir d'un tel pas «n se démène encor.

CDt»MllOSIlfK.

Que yeaX'-tQ que je faœ , et que tasse Agénor?

Nous mettons tout en oeuvre , et tout nous est contraire :

Agénor est encore aux genoux de mon père ;

Et pendant que peut-^tre on méprise ses vœux.

Je viens càevcher Ésope et fais ce que tu veux.

Tu fais beaucoup poiff nous, je le sais bieb.

DORIS

J'enrage !

Je voudrois de bon cœur i^te encor davantage; J*ai du séie de reste , il me faudroSt du temps.

' isvphrosinb.

Oelui que je viens voir sait-il que je l'attends?

BORIS

Oui, madame, il le sait.

BOPBROSINE.

Et que ne vient»il vite?

Du chagrin que j'aurai je voudrois être quitte.

DORIS

Quelques gens à sa porte attendoient à le voir; Mais pour tarder long-temps il sait trop son devoir, Et dans l'empressement de dire qu'il vous aime... Tenez, je crois l'entendre... En effet, c'est lui-même.

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