ACTE V, SCÈNE IIl. an
« Je n'ai ni frère ni sœur. — « Oh bien ! €[và que ce soit , il faut que je me venge : « Je suis las d'écouter tout ce que tu me dis. » Lors , sans plus de raison , il l'égoige et le mange.
Force grands font de même à l'égard des petiU; 'N'et-il pas vrai?
C0LiNETTB,d PUrrot.
Piarrot, le joli petit conte !
PIERROT
Eh ! fi ! mordié ! le loup devroit mourir de honte : L'agneau bnvoit à part , et ne lui disoit mot.
Ma pauvre Colinette, et mon pauvre Pierrot, Voilà comme , à peu près , par le commun usage. Font envers leurs vassaux les seigneurs de village. Quand d'un bois ou d'un champ il leur plaît un morceau. Des agneaux malheureux troublent toujours leur eau; Et pour peu qu'on résiste aux raisons qu'ils se forgent. Non contents de les tondre, on voit qu'ils les égoiigent. Il sera bientôt nuit, et vous êtes de loin; Adieu ^ De cet enfant ayez beaucoup de soin : Je ne partirai point sans lui rendre justice.
PIERROT
Écootez , je savons comme on paie un sarvice : Si vous en usez bien , à biau jeu biau retour.
COLINETTB.
N'allez point nous bailler d eau bénite de cour.
On dit qu'en ce lieu-là l'on fait semblant qu'on s'aime,
Etque promettre et rien , c'est quasiment de même.
at4 LES FABLES D'ÉSOPE.
Allés, je sois nbcère , et le sais en tout lieu.
PIERROT
Adieil; je tous quittons : voici du monde.
éSOPE.
Adieu.
PIERROT, à part.
Mordié ! plus je le yois , moins je devine conyoïe On a mis tant d'esprit dans un si vilain homme. ( Pierrot et CoUnette sortent avec t enfant. )