ACTE II, SCÈNE 1. 7S
J'aime à me divertir, à folâtrer, à rire ; Et par-tout où je vais, les filles que je voi, A peu près de même âge, out même goût que moi. C'est de vous que je tiens qu'une fille avisée Doit avoir un air libre, une manière aisée; Et qu'il n'est presque rien dont on ne vienne à bout Lorsque avec bienséance on s'accommode à tout. De quoi vous plaignez-vous? je suis votre doctrine. Veut-on rire , je ris ; badiner , je badine; Mais dans tous les plaisirs dont je vous fais l'aveu. Ce n'est qu'amusement , qu'innocence , que jeu.
ESOPE
Ah! Rbodope, Bhodope, à qui j'avois envie
De donner les moments les plus chers de ma vie.
Mon cœur qui sans tendresse auroit moins de courroux,
Préviendroit vos raisons , s'il en étoit pour vous.
Je ne me souviens point de vous avoir instruite
A vivre sans égards , sans pudeur, sans conduite ;
Mais je me souviens bien de vous avoir appris
Qu'un orgueil ridicule attiroit du mépris,
Qu'un air libre, enjoué seyoit bien à votre âge;
Mais Rhodope , un air libre est-ce un libertinage?
Et , dans ce que je fais ni dans ce que j'écris ,
Me voit-on d'aucun vice infecter les esprits?
Si d'un remords, au moins, vous vous sentez capable,
Profitez des leçons que contient cette fable;
Et voyez à quel point on doit être confus
D'avoir eu de l'honneur et de a*en avoir plus.
a53 ÉSOPE A LA COUR.