ACTE II, SCÈNE
Le matin vertueuse , et coupable le soir. Je hais l'honneur féroce et la vertu chagrine : Je vous l'ai déjà dit , je ris , chante, badine ; Et, croyant ma conduite exempte de remords, Je ne prends aucun soin de sauver les dehon. Il est vrai qu'on en parle, et que de vieilles dames, Dont le cœur est eocor susceptible de flanmies. Faciles à remplir les désirs d'un amant, Ne peavent présumer qu'on rie innocemment; Et , jamais à l'amour n'ayant été rebelles. Elles jugent de moi comme elles jugent d'elles. Rien n'est plus dangereux, dans leurs petits complots. Que ces femmes de bien qui le sont à huis clos; Ç[ui des moindres plaisirs condamnent l'ini^Dcence , Et trouvent tout permis en sauvant l'apparence. Pour moi, qui marche droit, je ne me contrains pas.
ésoPE.
Que vous avez , traîtresse , et d'esprit et d'appas ! Quand le ciel vous forma sur un si beau modèle, Que ne vous faisoit-il aussi sage que belle ! Il vous a dénié le plus grand bien de tous. Et je vais être foible autant et plus que vous. Me trompé-je? etes-vous fidèle à votre gloire : Tâchez, s'il est possible, à me le faire croire. Vous aurez peu de peine à me persuader; Mon cœur à se trahir demande à voas aider , Vous le verres se rendre à la plus foible excuse : Parlez,
RHODOPE
Méritez-vous que je vous désabuse?
Combien d'injures. . . .
BSOPC.
Trop pour d'innocents appas; Trop peu, si j'ai raison et qu'ils ne le soient pas !.. Mais , adien ; le roi vient , retirez-vons , de grâce. Soit que je vous éponse, on qn un autre le fasse , s'il en est temps encor , faites que votre éponz N'ait aucune raison de se plaindre de tous; Et portes-lui pour dot, comme une rare offrande, Toute l'intégrité que l'hymen vous demande.
{Rhodope sort.)