‹ Répertoire du théâtre français (volume 4)Chapitre 422 sur 465 · LE LION ET LE BAT · texte numérisé non relu

LE LION ET LE BAT

FABLE

Un lion endormi, s'éveillant en sursaut,

Rencontre un rat sous sa patte.

Comme un lion est fier et qu'il a le sang chaud ,

Il fulmine, tonne, éclate.

Pour apaiser son courroux,

Le rat , que la crainte glace ,

Se prostferne à ses genoux , Et , d'un ton suppliant, lui demande sa grâce. « L'intervalle est si grand, dit-il , de vous à moi, « Qu'en me faisant périr vdus auriez peu de gloire;

« Et la clémence d'un roi

« Éternùe sa mémoire.

« Si V0I18 avez la bonté

« De me conserver la vie , « La prodiguer par-toat pour votre majesté

« Sera ma plus forte envie. »

Le lion généreux, mettant la griiïe^as,

Sensible à cette requête.

Fit gnioe à la pauvre béte ,

Et ne s'en repentit pas.

En poursuivant une proie.

Trois ou quatre jours après ,

Le lion pris en des rets.

Pour s'en débarrasser ne trouve aucune voie.

Par des efforts vigoureux

Il tâche à rompre sa chaîne;

Mais plus il prend de peine ,

Plus il en serre les nœuds.

De chaque animal qui passe, En vain dans ce péril il attend du secours :

Quand le destin nous menace

Nos meilleurs amis sont sourds.

Le rat seul , d'un pas agile ,

L'ayant entendu rugir.

Vient voir à quel usage il lui peut être utile , Et sans beaucoup parler cherche à beaucoup agir, il s'attache avec soin à ronger une corde , Qui de tout Tattirail est le nœud gordien; Et par bonheur tout succède si bien, Tant de fortune à son xéle s'accorde

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