SCÈNE X
ALQNE, DORINE, GÉRALDE, CRlSPIN.
ALaiNE.
Vous venez bientôt , Géralde : je vous ai mandé de ne venir de plus de deux heures.
GÉRALBE.
Vous dites vrai, madame ; mais vous savez que l'impatience tourmente d'ordinaire les amants , et qu'ils croient leur pein% adoucie, quand ils peu-
Bo CftlSPlN MÉDECIN.
vent Toir le lieu qui reuferme la personne qu'ils
aiment.
ALCISE.
Gëralde, trêve à toutes ces belles choses, car je ne puis demeurer long«temps avec vous : je vais faire une visite où ma mère doit venir me trouver. Apprenez seulement que votre père me veut épouser.
GÉRALDE.
Mon père?
ALCIH E.
Oui, votre père ; et que le mien lui a donné sa parole : mais ma mère, qui, comme vous savez, ust la maîtresse , a rebuté le bon homme Lisidor. Cependant, voyez Fembarras où nous sommes: car, quand, avec le temps, j'aurai découvert à ma mèfe l'estime que j'ai pour vous, et que je l'aurai rendue favorable à ce que je souhaite, voCre père n'y voudra point consentir. D'ailleurs il ne faut rien espérer de ma mère, sans l'aveu de votre père. Adieu ; je crains qu elle ne vienne sur mes pas.
[Elle sort. Crispin et Dorine se font de grandes révérences. )