‹ Répertoire du théâtre français (volume 5)Chapitre 197 sur 424 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

M. D'0RFEU1L,M. D'ORLANGE.

M. d'orlange t amène mystérieusement.

Bon. Je puis donc ici vous parler sans témoin, Et vous ouvrir mon cœur; car j'en ai grand besoin.

M. d'or F E Ul L sourit

Quel est donc ce mystère?

M. d'or LAN CE.

Ah! si vous pouviez lire Dans ce cœur!...

M. d'orfedil, Ungours de même.

Vous avez quelque chose à me dire , Je le vois; mais saurai-je à la fin ce secret? \

Oui ; c*est assez long-temps avoir été discret.

M. d'or F EU IL.

Sans doute : puis^ pour vous je suis porté d'avance , Et je vous saurai gré de votre confiance.

M. d'orlange.

Eh bien ! puisque je peux librement m'exprimer. Votre chère Henriette a trop su me charmer.

M. d'obfeuil. .

Vraiment?

M. d'oRLAVGB. •

Elle est aimable , et moi je suis ùê tebdr€ : Eq un mot , je l'adore; et si j'osois prétendre A sa main, cet hymen feroit tout mon bonheur.

M. D*OnFBUIf,.

Monsieur... assurément vous me faites honneur.

M. d'or LAN CE.

Vous trouvez ma demande un peu prompte , peut-être ; Mais il est naturel de se faire connoitre.

M. D*ORFBUIL.

Bon!

M. d'or LA NO E.

Mon nom...

M. D*ORPEUIL.

M'est connu.

Mon obcle...

if. d'orféuil.

C'est assez; Abrégeons un détail inutile : avancez.

M. d'orlamob.

Mais...

M. i>'oRrEI7lL.

Je cannois fort bien toute votre famille. Vous difeà donc, monsieur, que vous trouvez ma fille... ?

M. d'orlangb.

Ah , monsieur ! adorable.

M. o'ORPEtrtL.

Allons , j*en suis charmé.

Et d'elle, à votre tour, croyez- vous être aimé?

M. d'oRLANGE.

Je m*ea flatte.

M. d'orfeuil.

Moi-même aussi je le soupçonne.

Écoutez, je vais voir notre jeune personne: Tespère que tous trois serons bientôt d*accord ; Car, si tous lui plaisez, vous me convenez fort.

( n sort. )

M, d'or LANGE.

Et vous aussi , monsieur.

M. D'ORLANGE.

Mais comme tout s'arrange !

J'aime, je plais, j*épouse... O trop heureux d'Orlange ! Qui m'auroit dit hier, lorsque je m'égarois, .Qu'au maître de ces lieux bientôt j'appartiendrais? Qu'en ce château, moi-même-... Il est un peu gothique Mais je rajeunirai cet édifice antique.

Le père est un brave homme, il entendra raison ; Car je suis à peu près maître de la maison. Ces grands appartements sont vraiment détestables. Nos bons aïeux étoient des gens fort respectables; Mais ils nesavcHent pas distribuer jadis : Dans cette pièce, moi, je vous en ferai dix. Passons dans le jardin; car c'est là que je brille. Je fais ôter d'abord cette triste charmille... Quoi ! je fais tout ôter. Nous avons du terrain :

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