ACTE IV, SCÈNE V
M. D*OR LANGE
Tant mieux : j'aurois été charmé de le counoitre.
M. DE tLOKVihLEf fmsant im geste.
Et... SI,..
U. D*ORLANGE.
Je vous eoteods : je ne me bats pas mal. Je suis même en état d*éparguer mon rival : Je ne le tuerois point.
M. DE FLOKVILLE.
Vous êtes bien honnête.
S'il vous tuoit?
M. d'orlance.
Eh bien ! si le destin m*appréte Une si belle mort, soit; je m*y dévouerai , Bionsieur, par deux beaux yeux heureux d'être pleuré. Mais c'est mal à propos s'inquiéter sans doute. C'est mettre tout au pis: car je veux qu'il m'en coûte Une blessure ou deux; je ne m'en plaindrois pas. Et ma blessure même a pour moi mille appas. Lentement du château je regagne la porte; Ou, si je ne le puis, mon valet m'y rapporte. Lorsque l'on est blessé, qu'on est intéressant! Peut-être... le beau sexe est si compatissant! De sa main... pourquoi non? Jadis les demoiselks Soignoient les chevaliers qui se battoient pour elles. Mon Henriette est tendre : oui , le matin , le soir, Auprès de son malade elle viendra s'asseoir. Bayard fut, comme moi, blessé, malade à Bresse : Mais Bayard près de lui n'a voit point sa maîtresse.
tgj LES CHÂTEAUX EN ESPAGNE.
La mienne à mon chevet s'établira : je croi
Qu elle fera monter son clavecin chez moi.
Tantôt d'un roman tendre elle fait la lecture,
Et nous nous retrouvons dans plus d'une peinture.
Un jour... il m'en souvient, en un endroit charmant
Ma lectrice s'arrête involontairement ,
Pousse un soupir, sui* moi jette à la dérobée
Un regard !... De ses yeux une larme est tombée.
Ah ! si je suis malade, elle n'est guère mieux;
Et mon état, vraiment, est si délicieux.
Que je voudrois, je crois , ne guérir de ma vie.
M. DE FLORVILLE
D'être malade ainsi vous donneriez l'envie. Vous voyez l'avenir comme on voit le passé. Mais quoi ! si par malheur vous n'étiez pas blessé?
M. d'orlamge.
Bon ! rien de tout ceci n'arrivera peut-être; Et ce futur époux est bien loin de paroitre. Mais de votre départ je suis très affligé; Car vous m'êtes si cher!...
M. de FLORVILIiE.
Je vous suis obligé.
Je vais prendre à l'instant congé...
M. d'orlange.
De mon beau-père?
M. DE FLORVILLE
Oui , monsieur.
M. d'orlange.
Nous pourrons nous retrouver, j'espère, Quelque part.. .dans l'Europe; en un mot, nous revoir.