ACTE 1, SCENêT VIII. î)i
Non.
CHARLE
Le désir de plaire est si propre à former! Et FoD sert toujours bieu ceux que ron sait aimer.
M. DUBRIAGE.
chaque mot que tu dis me touche, m'intéresse.
CHARLE
Puissé-je quelque jour gagner votre tendresse!
M. DUBRIAGE.
Elle t'est bien acquise; oui... je ne sais pourquoi,
J'ai vraiment du plaisir à causer avec toi :
Ce n'est qu'avec toi seul que je suis à mon aise.
CHARLE
Heureux qu'en moi , monsieur, quelque chose vous plaise !
M. DUBRIAGE.
Mon cœur est plein ; il a besoin de s'épancher. Autour de moi j'ai beau jeter les yeux, chercher; Je n'ai pas un ami dans toute la nature, Pour verser dans son sein les peines que j'endure.
CHARLE
Les peines!... quoi! monsieur, vous en auriez?
M. DUBRIAGE.
Hélas!
Je te parois heureux, et je ne le suis pas.
CHA.fiLE.
Cependant...
M. DUBRIAGE.
Tu le vois , je suis seul sur la terre , Triste...
CBARLE.
Seul, dites- vous?
M. DUBRIAGE.
Oui, je suis solitaire.
Ah! pourquoi, jeune encore, au moins dans Và^ mûr. Ne faisois-je pas choix d'une femme!
CHARLE
Il est sûr Que, i>our se préparer une heureuse vieillesse ^ Il faut à ces doux nœuds consacrer sa jeunesse.
M. DUBRIAGE.
Je le vois à présent. Je voudrois... vœux tardi£s!
CHARLE
{à part.) {haut)
Hélas!... Vous eûtes donc, monsieur» quelques motifs
Pour vous soustraire au joug de l'hymen?
M. DUBRIAGE.
Oui, sans douto.
J'en eus, que je croyois très solides. Écoute : Xavois dans mou commerce un jeune associé ; Par incUnation il s'étoit marié : Sa femme fit dix ans le tourment de sa vie. Ce tableau, vu de près, me donnoit peu d*envie D'en faire autant.
CHARI*E.
Sans doute, il pouvoit faire peur.
M. DUBAIAGE.
Quand j'aurois eu l'espoir de faire un choix meilleur; Sous les yeux d'ua ami, cette union heureuse Auroit rendu la sienne encore plus affreuse.