SCÈNE I
M. DU BRI AGE, un livre à la main.
Que ce mot est bien dit ! Consolant écrivain ,
D'adoucir mes ennuis tu t'efforces en vain.
« On commence à jouir, dis-tu, dès qu'on espère. »
Je jouirois aussi déjà , si j'étois père ;
Mais pour un vieux garçon il n'est point d'avenir.
{fermant le livre. ) Rien ne m'amuse plus. Il faut en convenir, Je ne me suis jamais amusé de ma vie; Mais aujourd'hui, sur- tout, je sens que je m'ennuie : Cest qu'il est des moments où je me trouve seul, Et porterois, je crois, envie à mon filleul. Cette réflexion est un peu trop tardive ; Dans l'état où je suis, il faut bien que je vive... Us m'abandonnent tous... Je ne sais ce qu'ils font...
( appelant. ) Madame Evrard!... Âmbroise!... Aucun d'eux ne répond. Pour Charle , il qpt sorti sûrement pour affaires.
( // s'assied. ) Je ne saurois me plaindre, il ne me quitte guères.
M. PUBRIAGE, GEORGE.
GEORGE, de loin, à part.
Us sont sortis, entrons.
H. jyunKiÂùE, se croyant seul encore.
Oui , j'ai mcMos de chagrîft Quand Charle est avec moi; nous causons. GEORGE, toujours de loin et à part.
Bon parrain î Il parle ^ et n*à personne, kéla^! qui lui répoinie : Approchons.
M. StiBRIAOE.
C'est toi, George? Où donc est tout le monde?
GEORGE
Tout ie monde e^t dehors.
M. DUBRIAOE.
Madame Evrard aussi?
GEORGE
Elle aussi : chacun a ses affaires, ici. Et moi de leur absence , entre nous , je profite Pour vous faire, monsieur, ma petite visite: Je ne vous ai point vu depuis hier an soir.
M. DUBRlAGE.
Moi j'ai, de mon cèté, grand plaisijr à te voiiw
^eorge.
Vous êtes t<uit pensif.
M. DU-BRIA6B.
C'est cette solitude. .