‹ Répertoire du théâtre français (volume 5)Chapitre 32 sur 424 · ACTE H, SCÈNE V. 5i · texte numérisé non relu

ACTE H, SCÈNE V. 5i

Tandis qu'à ses transporte mon ame s'abandonne. On ouTre... J^aperçois une jeune personne... Dinne : son maintien ^ ses grâces , sa doncenr, Tout me ravit d'abord. Il fappelle sa sœur. Moi, j'igoorois qu'il eût une sœur aussi chère : Elle étoit au couvent quand je connus son frère. Elle parla fort peu , mais ce peu me suffit; Et je répondrois bien quelle a beaucoup d'esprit. Le seul son de sa voix annonce une belle ame : Que te dirai- je enfin de ma naissante flamme? Elle sortit bientôt, et je l'aimois déjà.

CRISPIN

Qaoi ! si vite?

FLORIMORO.

Il est vrai qn*un coup d'oeil m'engagea; Mais , vois-tu? cette chaîne est la mieux assortie : Cest là ce qu'on appelle amour de sympathie. •Souvent l'on est d'avance uni sans le savoir. Et f on n a , pour s'aimer, besoin que de se voir : Voilà comment ici la chose est arrivée.

CRISPIIff.

Oui, cette sympathie est assez bien trouvée.

FLORIMOND

Ce n'est pas tout encor. Ils ont quelques instants Parlé tout bas : j'admire et me tais; mais j'entends Qu'ils projettent d'aller bientôt à la campagne : « Ah! dis-je , permettre que je vous accompagne. «Volontiers, dit Valmont; mais pendant quinze jours • Pourras-'tu te résoudre à quitter tes amours? »

J'insiste, on y consent; je suis de la partie.

CRISPIN

Courage ! Allons, monsieur, vive la sympathie!

FLOAIMOND.

Ah ! Lafleur, quel plaisir je me promets d*avoir ! Pendant quinze grands jours je m'en vais donc la voir, L'entendre , lui parler , enfin vivre auprès d'elle. J'espère , je Favoue , amant discret, fidèle, Faire agréer mes soins, mon hommtige, mes vœux, Et peut-être obtenir quelques touchants aveux. Je crois qu'à la campagne on est encor plus tendre; Que d'aimer, tôt ou tard, on ne peut s'y défendre. Bois, prés , fleurs, d*un ruisseau les aimables détours, £t ce peuple d'oiseaux qui chantent leurs amours, Tout, le charme puissant de la nature entière. Pénétre, amollit Famé, et Famé la plus fière. Quand on aime une fois, rien ne distrait d'aimer; On est tout à Fobjet qui nous a su charmer; On ne se quitte plus , comme deux tourterelles... ( Car à chaque pas, là, vous trouvez des modèles): Promenades, travaux, plaisirs, tout est commun ; Et tous deux... Mais que dis-je? alors on n'est plus qu'un.

CRISPIN

Vous voilà tout rempli de votre amour champêtre; Et quelque jour, monsieur , assis au pied d'un hêtre, Je m'attends à vous voir, au milieu d'ttn troupeau, Soupirer pour Philis, bergère du hameau.

FLORIMOMO.

Tu ris, mais j'étois fait pour y passer ma vie. Heureux cultivateur, que je te porte envie!

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