ACTE I, SCÈNE fil. ^t
Monsieur...
*r. hb PLiRTiLLE.
Mais comme elle embellit !
Du matin jusqu a« «oir, elle ehante, elle rit.
ROSE
Monsieur me dit toujours quelque chose d*honnéte.
M. DB PLINVILLE.
Nous aurons du plaisir, f espère, à notre fête.
J'ai dans Fidée... ob! oui : j'ai fait, ma chère enfant,
Un rére!... car je suis heureux, même en dormant.
lf"M DE ftOSBLLB.
Oh ! je le crois.
EOSE.
MoMienr, OMitesHiOEt^ooc, de grâce...
M. ]>E PLINTILLB.
Il n'en reste du réveil qn*une légère trace ,
Et j'aurois maintenant peine à le ressaisir :
Je me souviens du* moins qu'il m'a fiait grand plaisir.
Et cela me suffit; car, lorsque je me lève,
Je snb heureux encor, mois ce nfest plus en rêve.
IIPMDB EOSELLE.
Vous rêves bieD eneor, mais c'est tout éveillé.
M. DE PLtMVILLBv
Il est vrai. Que de fois je me sais oublié ^
An bord cTune fontaine, ou bien dans la prairie ! Là , seul , dans une vague et douce rêverie , Je suis.^. ce que je veux, grand roi , simple berger... Que sais-je, moi? Quelqu'un vient*il me déranger, Alors j'aime encor mieux être moi que tout autre.
Mme DE ROSELLB.
Le sort d'un roi n'est pas plus heureux que le vôtre. Je suis contente aussi : pour la première fois J'ai vu l'aurore.
M. DE PLINVILLE.
Bon!
Tous les jours je la vois.
M. DE PLINVILLE.
En effet, on n'est pas plus matinal que Rose.
Mme DE ROSELLB.
Savez- vous que l'aurore est une belle chose?
M. DE PLINVILLE.
Oh! oui, sur-tout ici, sur-tout au mois de mai. <^'est bien le plus beau mois de l'année.
Mme DE ROSELLE.
Il est vrai.
ROSE
Cest un mois qu'en effet, comme vous, chacun aime. Mais en janvier, monsieur, vous disiez tout de même.
M. DE PLINVILLE.
J'avouerai , mon enfant, que tontes les saisons Me plaisent tour-à-tour, par diverses raisons :; Janvier a ses beautés , et la neige est superbe.
Mme OE ROSELLE.
Il est plus doux pourtant de voir renaître Fherbe, Et les fleurs...
M. DE PLINVILLE.
Oui, les fleurs. Par exemple, en ces lieux, On respire. une odeur, un frais délicieux.