‹ Répertoire du théâtre français (volume 5)Chapitre 72 sur 424 · ACTE l, SCÈNE XL · texte numérisé non relu

ACTE l, SCÈNE XL

M. DE MORINYAI^

J'ai , je crois, le malheur de déplaire A votre nièce.

M. DB PLINVILLE.

Eh! mais, voos êtes singulier.

Ma nièce fait de vous un cas particulier. Et d'ailleurs il suffit que ma fille vous aime.

M. DE MORINVAL.

Mais étes-vous bien sur qu'Angélique elle-même?...

M. DE PLINVILtE.

Eh ! puisqu'elle C(msent à vous donner sa main...

M. DE MORIMVAL.

J*ai peur qu'elle ne forme à regret cet hymen.

M. DE PLI W VILLE

Vos frayeurs, entre nous, ne sont pas raisonnables.

M. DE MORINVAL.

Si fait : je ne suis point de ces gens fort aimables; Je ne suis plus très jeune.

M. DE PLINVILLE.

Avez-vous cinquante ans?

M. DE MORINVAL.

Non pas encor.

M. DE PLINVILLE.

Eh bien! ce n'est plus le printemps, Mais ce n'est pas l'hiver. Ma fille est douce et sage; Elle aimera bien mieux un époux de votre âge.

M. DE MORINVAL.

Je ne sais... cependant elle me parle peu.

Elle n'est point parleuse, et j'en rends grâce à Dieu. •• • 10

iio L'OPTIMISTE.

M. DE MORINVAL.

Je ne lui trouve pas cet air satisfait, tendre...

M. DE PLINVILLE,

Écoutez: à notre âge, il ne faut pas s'attendre A des transpoits d'amour...

M. DE MORINVAL.

Non; mais...

H. DE PLINVILLE.

Vous lui plaisez , Vous avez son estime : eh bien ! vous l'épousez. Je vais vous conBer le bonheur de ma fille, Et nous ne ferons plus qu'une seule famille. Déjà depuis long-temps nous étions bons amis , Séparés par l'humeur, par le cœur réunis. Vous me grondez toujours , et toujours je vous aime. Vous me convenez fort, je vous conviens de même. Vous avez, comme moi, naissance , bien, santé ; Il ne vous manc^ue plus qu'un peu de ma gaieté ; Mais c'est un beau secret que vous allez apprendre : On doit devenir gai, quand on devient mon gendre. ( // prend Morinual sous le bras, et sort avec lui. )

FIN DU PREMIER ACTE

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